La Chine a installé la plus grande éolienne flottante jamais construite, une machine de 20 mégawatts (MW) qui a déjà commencé à produire de l'électricité lors d'un test en eaux profondes. Selon les autorités chinoises, cette turbine, conçue pour résister aux conditions marines extrêmes, peut générer suffisamment d'énergie pour alimenter environ 4 200 foyers.
Caractéristiques techniques et innovation
La turbine, dont le diamètre du rotor atteint une dimension record, repose sur une plateforme flottante ancrée au fond marin. Cette conception permet d'exploiter des vents plus forts et plus constants que les éoliennes posées sur des fondations fixes, limitées à des profondeurs d'eau inférieures à 50 mètres. L'installation a eu lieu dans une zone d'essai en mer de Chine méridionale, où la profondeur dépasse 100 mètres, rendant impossible l'utilisation de fondations conventionnelles.
Le système flottant intègre des technologies de stabilisation actives et passives pour maintenir la turbine droite malgré les vagues et les courants. Les ingénieurs ont également équipé l'éolienne de capteurs de surveillance en temps réel pour collecter des données sur les performances structurelles et la production d'énergie dans des conditions réelles.
Contexte énergétique chinois
Cet essai s'inscrit dans la stratégie de Pékin visant à doubler sa capacité éolienne offshore d'ici 2025, en passant de 25 GW à 50 GW installés. La Chine est déjà le premier producteur mondial d'énergie éolienne, avec plus de 330 GW de capacité totale, dont environ 25 GW en mer. La technologie flottante est considérée comme un levier clé pour ouvrir de nouvelles zones maritimes, notamment le plateau continental chinois où les eaux profondes représentent un gisement important.
Défis et perspectives
Malgré ce record, le déploiement commercial des éoliennes flottantes reste confronté à des coûts élevés : l'électricité produite par ces machines coûte encore deux à trois fois plus cher que celle issue des éoliennes posées. Cependant, les experts estiment que la production en série et l'expérience acquise lors de ce test pourraient réduire ces coûts de 30 à 40 % d'ici la fin de la décennie.
Le projet chinois intervient alors que plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni et la Norvège, développent également des parcs flottants. La course à la plus grande turbine reflète la compétition technologique entre les industriels chinois (comme Mingyang Smart Energy ou CSSC Haizhuang) et leurs concurrents occidentaux (Vestas, Siemens Gamesa).
Impact local et environnemental
Les autorités locales ont souligné que ce test permettra de valider la résistance des équipements aux typhons et aux tempêtes de sable qui affectent régulièrement la région. À terme, la Chine espère déployer des centaines de ces turbines le long de sa côte sud-est, contribuant à son objectif de neutralité carbone en 2060.
Aucun incident n'a été signalé pendant l'installation, et la turbine fonctionne actuellement à pleine capacité lors des essais. Les données collectées seront analysées pendant au moins un an avant d'envisager une éventuelle mise en production commerciale.