La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) franchit une nouvelle étape dans sa volonté de rivaliser avec le Medef. Son président, Amir Reza-Tofighi, a annoncé le 26 mai l'organisation d’une « grande assemblée des entrepreneurs » qui se tiendra le 25 juin au Parc des Princes, à Paris. L’objectif affiché est de réunir quelque 4 000 dirigeants de TPE, PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI), ainsi que des partenaires, experts, responsables publics et étudiants.
« Nous voulons rassembler largement », a insisté Amir Reza-Tofighi lors d’une conférence de presse, en précisant que cette rencontre aurait vocation à devenir un rendez-vous annuel. Pour sa première édition, elle se distingue nettement de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef, qui se déroulera les 26 et 27 août à Roland-Garros. Interrogé sur le choix du stade du Paris Saint-Germain, le président de la CPME a évoqué la difficulté de trouver un lieu capable d’accueillir 4 000 personnes à Paris, ajoutant avec humour vouloir « porter chance au PSG » pour la finale de la Ligue des champions.
Un nouveau nom et des statuts réformés
L’événement du 25 juin s’accompagne d’une transformation profonde de la CPME. La veille, le 24 juin, une réunion à huis clos réunissant quelque 600 responsables patronaux doit entériner un changement de nom de l’organisation et une réforme de ses statuts. Parmi les modifications figure le renforcement du poids des régions, jugé insuffisant aujourd’hui. « Ce n’est pas un changement cosmétique », a prévenu Amir Reza-Tofighi. « Les entrepreneurs ne sont pas une variable d’ajustement. Ils sont la solution à mobiliser face aux grands défis du pays », a-t-il affirmé, décrivant les dirigeants comme une « force collective, au cœur du pays réel ».
Une ambition politique mesurée
Si la CPME cherche à peser davantage dans le paysage patronal – elle vise la première place lors de la prochaine pesée de représentativité dans trois ans –, elle aborde avec prudence le terrain politique. Amir Reza-Tofighi a précisé que « tous les candidats pourront venir, mais ils ne pourront pas prendre la parole ». La grande assemblée des entrepreneurs sera avant tout un moment dédié aux chefs d’entreprise, quitte à organiser ultérieurement un événement « plus politique ». Le président de la CPME, élu en janvier 2025, n’a pas caché son ambition de faire de son organisation une force centrale dans le débat public.
Un format inédit et maîtrisé
La CPME n’en est pas à son premier rassemblement. Elle organisait auparavant Impact PME, qui avait réuni jusqu’à 1 200 patrons à Station F. La nouvelle assemblée change d’échelle sans grever les finances de la confédération : Amir Reza-Tofighi a assuré que l’événement ne coûterait rien à l’organisation grâce à des partenariats, contrairement à Impact PME. Le choix du Parc des Princes, en lieu et place de lieux perçus comme élitistes (hippodrome de Longchamp, campus d’HEC), marque aussi une volonté de se démarquer du Medef et de séduire un public plus large. « Les entrepreneurs ne sont pas une variable d’ajustement », a répété le leader patronal, promettant un rendez-vous « pour les entrepreneurs par les entrepreneurs ».