La Maison Blanche a annoncé une pause temporaire des expulsions de migrants vers la République démocratique du Congo (RDC) en raison de l'aggravation de l'épidémie d'Ebola. Cette décision fait suite à l'extension de la flambée épidémique dans plusieurs provinces du pays, qui a conduit les autorités américaines à imposer une interdiction de voyager vers la région. Toutefois, des experts estiment que cette mesure ne permettra pas de freiner la propagation du virus.
Une migrante bloquée à Kinshasa
Le cas d'Adriana Zapata, une Colombienne de 55 ans, illustre les conséquences de cette politique. Après avoir fui la Colombie pour les États-Unis, elle a été expulsée vers Kinshasa, la capitale de la RDC, il y a plus d'un mois. Les autorités congolaises avaient pourtant indiqué ne pas être en mesure de prendre en charge ses besoins médicaux complexes. Un juge américain a ordonné son retour aux États-Unis, mais les responsables américains affirment ne pas pouvoir la rapatrier en raison de l'interdiction de voyager instaurée lundi dernier.
« Je suis vraiment inquiète de la perdre », a déclaré Lauren O'Neal, l'avocate de Mme Zapata. La situation de sa cliente reste incertaine, alors que l'administration refuse de faire une exception au nom de la santé publique.
Une mesure jugée inefficace
Plusieurs spécialistes de la santé publique ont critiqué la décision de la Maison Blanche, soulignant que la suspension des expulsions ne réduira pas les risques de transmission de l'Ebola. Selon eux, le virus se propage principalement par contact direct avec des fluides corporels de personnes infectées, et non par les voyages aériens réguliers. Ils notent également que les migrants déjà présents dans la région, y compris ceux renvoyés vers des pays tiers, continuent d'être exposés au virus sans bénéficier de protection adéquate.
Contexte de l'épidémie
L'épidémie d'Ebola en RDC s'est intensifiée ces dernières semaines, avec de nouveaux cas signalés dans des zones urbaines et rurales. L'Organisation mondiale de la santé a exprimé sa préoccupation face à la rapidité de propagation et à la difficulté d'accéder aux zones touchées. En réaction, plusieurs pays ont restreint les voyages en provenance de la RDC, mais les experts appellent à des mesures plus ciblées, comme le dépistage et la quarantaine, plutôt que des interdictions générales.
L'administration Trump, tout en suspendant les expulsions, maintient sa politique de renvoi des migrants vers des pays tiers de la région, ce qui suscite des critiques de la part des défenseurs des droits humains. Ces derniers estiment que la priorité devrait être donnée à la protection sanitaire des personnes détenues, plutôt qu'à leur éloignement.