Un excédent attendu un an plus tôt
L’administration néo-zélandaise a présenté des perspectives budgétaires révisées, annonçant un retour à l’excédent budgétaire dès l’exercice 2026-2027, soit une année avant les précédentes estimations. Cette amélioration des comptes publics reflète des dépenses publiques mieux contenues ainsi que des rentrées fiscales plus élevées que projetées.
Les moteurs de l’amélioration
Selon les documents publiés par le Trésor néo-zélandais, le déficit budgétaire pour l’exercice en cours (2025-2026) est désormais estimé à 4,9 milliards de dollars néo-zélandais (environ 2,9 milliards d’euros), un chiffre inférieur aux prévisions antérieures. Pour l’exercice suivant, un excédent de 1,5 milliard de dollars néo-zélandais est anticipé. Cette trajectoire est soutenue par une augmentation des recettes fiscales, notamment de l’impôt sur les sociétés et de la taxe sur les biens et services, ainsi que par une réduction des dépenses de fonctionnement.
Un contexte économique contrasté
Ces prévisions interviennent alors que l’économie néo-zélandaise montre des signes de ralentissement. La croissance du produit intérieur brut (PIB) a été modeste, affectée par une inflation persistante et des taux d’intérêt élevés. Le gouvernement table sur une croissance de 1,2 % pour l’année fiscale en cours, avant une accélération à 2,5 % l’année suivante. Par ailleurs, le chômage, qui a augmenté pour atteindre 4,7 %, devrait culminer à 5,2 % avant de refluer.
Des risques persistent
Les autorités financières soulignent que ces projections restent entourées d’incertitudes, notamment en raison de la volatilité des marchés internationaux, des tensions géopolitiques et de l’évolution des prix des matières premières. La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande a maintenu son taux directeur à 5,5 %, un niveau élevé qui pèse sur la consommation et l’investissement. Le Trésor a également noté que la dette nette du secteur public devrait culminer à 41,3 % du PIB avant de commencer à diminuer.
Un signal politique
Pour le gouvernement de coalition dirigé par le Premier ministre Christopher Luxon, ce retour plus rapide à l’équilibre budgétaire constitue un signal politique important. La ministre des Finances, Nicola Willis, a présenté ces prévisions comme le fruit d’une gestion rigoureuse des finances publiques, tout en reconnaissant que des efforts supplémentaires pourraient être nécessaires pour consolider la trajectoire. L’opposition, de son côté, critique des coupes dans les services publics qui, selon elle, fragilisent le système de santé et l’éducation.
Les prochaines étapes
Le budget officiel pour l’exercice 2025-2026 sera présenté dans les prochaines semaines. Il devrait préciser les arbitrages entre réduction de la dette, investissements dans les infrastructures et soutien à l’économie. Les marchés financiers ont accueilli favorablement les nouvelles projections, la devise néo-zélandaise s’étant légèrement appréciée après l’annonce.