Depuis l’annonce d’un cessez-le-feu avec l’Iran en avril, le président américain Donald Trump avait cherché à contraindre Téhéran à accepter ses conditions pour un accord de paix en combinant menaces et opérations militaires limitées. Plus d’un mois plus tard, les contours de l’accord qui se dessine cette semaine montrent que cette campagne de pression n’a pas sensiblement modifié la position iranienne sur son programme nucléaire, selon des informations obtenues auprès de responsables et d’analystes.

L’accord imminent pourrait rouvrir le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour le pétrole et le gaz que l’Iran bloque depuis le début de la guerre fin février, mais il pourrait reporter les décisions importantes sur d’autres sujets épineux à une date ultérieure.

Le détroit d’Ormuz toujours sous contrôle iranien

La libre circulation dans le détroit était pourtant la condition posée par M. Trump pour suspendre les hostilités en avril. Les responsables américains espéraient qu’une reprise du trafic ferait baisser les prix de l’énergie, apaiserait le mécontentement intérieur et réduirait l’influence de l’Iran dans les négociations. Mais les forces iraniennes ont maintenu leur emprise sur le détroit, et les tentatives américaines n’ont pas suffi à le desserrer.

Le 13 avril, l’armée américaine a mis en place un blocus naval des ports iraniens, toujours en vigueur. Les troupes américaines ont redirigé au moins cent navires dans le cadre de ce cordon autour des villes iraniennes, a indiqué le Pentagone cette semaine. Le mois suivant, M. Trump a annoncé ce qu’il a appelé « Projet Liberté », une initiative visant à protéger les navires bloqués par le blocus iranien pour leur permettre de quitter le détroit en toute sécurité. Deux bâtiments ont réussi à sortir grâce à cette opération. Mais le lendemain même, le président a suspendu l’effort. Les appels de l’administration Trump à un soutien des alliés européens pour patrouiller le détroit sont restés sans suite.

Menaces sans suites et guerre impopulaire

M. Trump a menacé à plusieurs reprises l’Iran de nouvelles frappes, sans passer à l’acte. La guerre avec l’Iran s’est révélée impopulaire auprès de l’opinion publique américaine, y compris chez les républicains. Elle a fait grimper les prix du pétrole et de l’essence et a mis sous pression les alliés arabes de Washington, qui ont supporté le poids des attaques de représailles iraniennes.

Fin avril, alors qu’une autre des échéances fixées par M. Trump pour que l’Iran accepte ses conditions semblait sur le point d’expirer, le président a choisi de prolonger le cessez-le-feu jusqu’à ce que « les discussions soient conclues, d’une manière ou d’une autre ». Il a poursuivi ses menaces, principalement sur son réseau Truth Social, allant de mèmes à des affirmations selon lesquelles « le temps presse » pour l’Iran.

La semaine dernière, M. Trump a déclaré qu’il reportait une autre offensive militaire contre l’Iran, jusqu’alors non annoncée, après des demandes de dirigeants arabes du Golfe, estimant que des « négociations sérieuses » étaient en cours.

L’Iran se considère renforcé

Les spécialistes de l’Iran estiment que les dirigeants du pays sont sortis renforcés de la guerre, convaincus d’avoir résisté à une tentative de renversement de la République islamique. La direction iranienne considère que le temps joue en sa faveur, notamment en raison de sa capacité à faire vaciller les prix mondiaux de l’énergie.

Dans ce contexte, l’accord en cours de négociation pourrait aboutir à une réouverture partielle du détroit d’Ormuz, mais sans résoudre les divergences fondamentales sur le programme nucléaire iranien, renvoyant ces questions à des discussions ultérieures. La pression américaine, bien que réelle, n’a pas permis à Washington d’imposer ses vues à Téhéran.