Une existence suspendue

Dans un entretien diffusé le 28 mai 2026, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a livré un témoignage détaillé sur les conséquences des sanctions américaines qui pèsent sur elle depuis juillet 2025. L'avocate italienne des droits humains, qui a vu son nom placé sur une liste noire américaine aux côtés de figures comme Vladimir Poutine ou Bachar el-Assad, a qualifié cette situation de « mort civile ». Elle explique qu'elle ne peut plus accéder à ses comptes bancaires ni à son épargne, et qu'elle doit interrompre son activité de professeure d'université.

L'origine des sanctions

Selon le récit de Francesca Albanese, l'administration Trump a pris cette mesure « extraordinaire » en juillet 2025 en raison de ses interactions avec la Cour pénale internationale. Les sanctions américaines visaient directement son engagement en faveur d'une enquête sur les crimes commis dans le territoire palestinien. L'avocate assure que sa mise à l'écart est une punition pour avoir dénoncé les crimes israéliens à Ghaza.

Une lueur d'espoir judiciaire

Le 13 mai 2026, la famille de Francesca Albanese a remporté une action en justice devant un tribunal américain. Les juges ont estimé que la rapporteuse spéciale était punie pour avoir pris la parole publiquement contre des agissements israéliens dans la bande de Ghaza. Bien que cette décision ne lève pas encore immédiatement les restrictions, elle constitue un premier contrepoids juridique aux mesures administratives prises à son encontre. L'entourage de l'avocate espère que ce jugement pourra rétablir à terme ses droits bancaires et académiques.

Un quotidien paralysé

Au micro de la journaliste Nosheen Iqbal, Francesca Albanese a décrit la paralysie totale de sa vie professionnelle et personnelle. Sans accès à ses comptes, elle ne peut ni honorer ses factures ni mener ses recherches. L'interdiction de travailler comme enseignante l'empêche également de subvenir à ses besoins par son activité principale. Cette situation, dit-elle, équivaut à une mise au ban de la société. La rapporteuse n'a pas précisé si elle bénéficiait d'un soutien international ni si d'autres gouvernements ou organisations avaient pris des mesures en sa faveur.

Défense du travail de l'ONU

L'avocate a réaffirmé que ses prises de position s'inscrivent dans le cadre de son mandat onusien et ne constituent en rien un acte politique partisan. Elle a également évoqué les accusations d'antisémitisme dont elle a fait l'objet de la part de certains responsables politiques israéliens, les rejetant fermement. Selon elle, ces accusations instrumentalisent la lutte contre l'antisémitisme pour discréditer les critiques légitimes des violations du droit international commises par l'État hébreu. La polémique a été ravivée après qu'elle a qualifié les opérations militaires israéliennes à Ghaza de « génocide », un terme controversé que de nombreux gouvernements occidentaux récusent. Francesca Albanese a précisé que ce qualificatif repose sur les preuves de « l'intention de détruire un groupe national » qu'elle dit avoir rassemblées dans ses rapports.

Aucun répit pour la population de Ghaza

Au cours de l'entretien, la rapporteuse a également décrit la situation toujours apocalyptique dans la bande de Ghaza, où les bombardements et la famine persistent. Elle a estimé que les sanctions américaines visaient à réduire au silence toute voix dénonçant ces crimes de guerre, sans pour autant mettre un terme à la souffrance des civils palestiniens. Le président Trump, à l'origine de la mesure, n'a pas commenté ce récent développement judiciaire.