Un plan social en préparation

La Redoute, l'un des plus anciens acteurs français du commerce en ligne et de la vente par correspondance, a présenté à ses représentants du personnel un projet de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui porterait sur la suppression de 171 postes. L'entreprise, qui emploie environ 1 500 salariés, justifie cette décision par une baisse durable de son activité commerciale.

Un chiffre d'affaires en recul

Selon les informations communiquées par la direction aux syndicats, le chiffre d'affaires de La Redoute est en déclin depuis un an. Cette érosion des ventes s'inscrit dans un contexte de concurrence accrue dans le secteur de la mode et de l'habillement en ligne, où des acteurs internationaux comme Shein ou Zalando grignotent des parts de marché. L'entreprise, historiquement implantée à Roubaix (Nord), n'a pas retrouvé le dynamisme commercial qui avait suivi son redressement judiciaire et sa reprise en 2014 par le groupe Galeries Lafayette.

Les modalités du plan social

Le projet de PSE, qui doit encore être négocié avec les organisations syndicales, prévoit des départs volontaires et des mesures d'accompagnement pour les salariés concernés. Les postes supprimés concerneraient principalement des fonctions supports et des services administratifs, ainsi que certains métiers logistiques. La direction a indiqué vouloir privilégier les départs naturels et les reclassements internes avant d'envisager des licenciements contraints.

Un modèle économique sous tension

Fondée en 1837, La Redoute a longtemps incarné la vente par catalogue en France avant de réussir sa transition vers le numérique. Cependant, l'entreprise peine aujourd'hui à maintenir sa rentabilité face à la montée en puissance de plateformes low-cost et à l'évolution des habitudes d'achat des consommateurs, qui privilégient des offres toujours plus rapides et moins chères. Le groupe Galeries Lafayette, qui l'a reprise en 2014 pour un euro symbolique, a déjà injecté plusieurs centaines de millions d'euros pour tenter de redresser la barre.

Des discussions à venir

Les négociations entre la direction et les syndicats doivent s'ouvrir dans les prochaines semaines. Les organisations représentatives ont déjà fait savoir qu'elles contesteraient le volet social du plan et qu'elles tenteraient d'obtenir des garanties pour les salariés, notamment en matière de reclassement et d'indemnités. Une procédure d'information-consultation du comité social et économique (CSE) a été engagée, conformément au droit du travail.

Un contexte difficile pour le commerce

Cette annonce intervient dans un climat morose pour le commerce de détail français, touché par la baisse du pouvoir d'achat des ménages et l'inflation qui freine la consommation. Plusieurs enseignes ont déjà procédé à des plans de restructuration ces derniers mois. La Redoute, qui réalise l'essentiel de ses ventes en France, subit également la concurrence des marketplaces asiatiques bénéficiant de frais de port très bas.

L'avenir de la marque

Malgré ces difficultés, la direction assure vouloir préserver l'activité et l'identité de la marque. Un plan de relance commerciale, centré sur la mode responsable et les collections exclusives, a été présenté parallèlement au plan social. Reste à savoir si ces mesures suffiront à enrayer la spirale négative dans laquelle est engagée l'emblématique entreprise nordiste.