La Russie a vivement critiqué les États-Unis pour avoir refusé de délivrer un visa à l’un de ses hauts diplomates, empêchant ainsi sa participation à une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies à New York. L’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia, a qualifié cette décision de violation des obligations américaines en vertu de l’accord de 1947 qui régit le siège de l’organisation.

Mardi, lors d’une séance du Conseil de sécurité, Nebenzia a déclaré que son pays aurait dû être représenté par le vice-ministre des Affaires étrangères Alexander Alimov, qui supervise les dossiers liés aux Nations unies. « Cependant, malgré toutes nos tentatives pour persuader la partie américaine de lui délivrer un visa, ce visa n’a finalement pas été accordé », a-t-il affirmé.

Une entrave aux engagements internationaux

L’accord sur le siège de l’ONU, signé en 1947, impose aux États-Unis de fournir des visas aux diplomates étrangers se rendant aux réunions onusiennes « sans frais et aussi rapidement que possible ». Selon Nebenzia, le rejet de la demande d’Alimov constitue non seulement une rupture de ce traité, mais aussi un manque de respect envers la Chine, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de mai.

« Nous considérons cela non seulement comme une violation par Washington de ses obligations en vertu de l’accord sur le siège, selon lequel l’accès aux Nations unies doit être garanti à tous les responsables et États membres, sans aucune exception, mais aussi comme un exemple flagrant d’irrespect envers la présidence chinoise du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

Le département d’État américain n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Contexte de tensions et précédents

Cet incident survient alors que les relations entre Washington et Moscou connaissent une certaine détente, le président américain Donald Trump cherchant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Trump s’est entretenu régulièrement avec son homologue russe Vladimir Poutine, mais les États-Unis maintiennent leurs sanctions contre Moscou en raison de l’invasion de l’Ukraine. Par ailleurs, les deux dirigeants se sont récemment rendus séparément en Chine pour rencontrer le président Xi Jinping.

Plus tôt dans la semaine, l’Iran avait également signalé que son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait annulé sa participation à la même réunion du Conseil de sécurité en raison de problèmes de visa. Lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2025, les États-Unis avaient imposé des restrictions strictes aux déplacements de la délégation iranienne à New York. En 2019, un visa pour l’ancien président iranien Hassan Rohani avait également été retardé avant d’être finalement accordé.

Implications diplomatiques

Le refus de visa à Alexander Alimov intervient dans un climat où la question des accès diplomatiques aux Nations unies reste sensible. La Russie considère cette décision comme un obstacle à la participation pleine et entière des États membres aux travaux de l’organisation. L’incident pourrait raviver les tensions bilatérales, même si les deux capitales continuent de dialoguer sur d’autres dossiers internationaux.

Aucune indication n’a été donnée sur d’éventuelles mesures de représailles de la part de Moscou. Cependant, la Russie a déjà par le passé dénoncé des restrictions américaines visant ses diplomates à l’ONU. L’affaire souligne les difficultés récurrentes liées à l’application de l’accord de 1947, qui fait obligation aux États-Unis de faciliter la venue des représentants étrangers.