Une charge philosophique contre la « servitude volontaire »
Le philosophe Paulin Césari signe une tribune acérée dans laquelle il s’en prend à la « moralité douteuse » des pétitionnaires qui appellent au boycott des médias du groupe Bolloré tout en continuant, selon lui, à collaborer indirectement avec ces mêmes médias. Il qualifie cette attitude de « servitude volontaire » et dénonce une « étrange résistance qui se vautre dans la collaboration au lieu de rompre tout lien avec elle ».
La critique de l’incohérence militante
Pour Césari, le geste de signer une pétition est insuffisant s’il n’est pas accompagné d’une rupture effective et totale avec les médias incriminés. Il estime que la simple indignation numérique, sans acte concret de désabonnement ou de désengagement, révèle une forme de lâcheté morale. Le philosophe cherche ainsi à « rendre la dignité perdue » en mettant fin à ce qu’il perçoit comme un double langage.
Un débat sur la résistance médiatique
La tribune relance le débat sur l’efficacité des pétitions et des appels au boycott dans l’espace médiatique français. Alors que plusieurs collectifs et personnalités appellent à « zapper Bolloré », Césari oppose une vision plus radicale : pour lui, la résistance authentique exige de se couper entièrement de l’écosystème que l’on prétend combattre. Il souligne le paradoxe de ceux qui dénoncent le pouvoir d’un magnat des médias tout en continuant à consommer ses contenus.
Une controverse qui interroge les pratiques militantes
Sans nommer de médias particuliers, la tribune vise implicitement les plateformes et réseaux où les pétitions circulent, souvent hébergés par des géants du numérique. Césari suggère que la technologie elle-même participe du système qu’elle prétend critiquer. Il appelle à un retour à une forme de résistance plus authentique, fondée sur la désaffiliation complète plutôt que sur la pétition ostentatoire.
Conclusion : une invitation à la cohérence
Paulin Césari conclut que la vraie dignité ne réside pas dans le geste symbolique mais dans la rupture effective. Sa tribune, écrite dans un style percutant, vise à secouer les consciences et à rappeler que la critique du pouvoir médiatique doit s’accompagner d’une pratique quotidienne cohérente.