C12, pépite française du calcul quantique, franchit une nouvelle étape dans son industrialisation. La start-up parisienne annonce ce mardi 26 mai l’arrivée de Julien Sarry, ancien responsable des modules LiDAR et caméra chez Apple pendant huit ans, au poste de Head of Engineering. Ce renfort de poids doit permettre à C12 de transformer ses promesses scientifiques en produits fiables et reproductibles.

Un profil d’industrialisation rare

Julien Sarry apporte quinze ans d’expérience à la croisée de la physique, de l’optique et de l’ingénierie matérielle. Chez Apple, il a piloté l’intégration des capteurs LiDAR et des modules caméra embarqués dans plusieurs générations d’iPhone Pro et d’iPad Pro – des technologies miniaturisées produites à des centaines de millions d’exemplaires. Avant la marque à la pomme, il avait cofondé une start-up spécialisée dans le LiDAR, où il a développé des technologies brevetées encore utilisées aujourd’hui dans les instruments de mesure environnementale du groupe finlandais Vaisala.

Chez C12, sa mission est claire : construire les lignes de production, les protocoles de test et les outils de validation qui permettront de fabriquer du matériel quantique en série. « Le quantique est aujourd’hui à un tournant comparable : la science est là, tout l’enjeu est désormais de la rendre fabricable, fiable et reproductible », explique-t-il.

Une croissance rapide des effectifs

C12 connaît une expansion soutenue. En un an, la start-up est passée de 45 à 80 collaborateurs et vise désormais les 120 personnes d’ici fin 2026. Pierre Desjardins, cofondateur et dirigeant de C12, souligne l’importance de ce recrutement : « L’industrialisation est le vrai défi de l’informatique quantique : c’est elle qui sépare la promesse scientifique du produit. Peu de gens au monde savent faire passer une technologie de rupture du laboratoire à la production de masse. »

La diversité des talents est également mise en avant : avec 27 nationalités représentées, C12 attire des ingénieurs venus d’institutions prestigieuses comme Apple, la NASA, OVHcloud ou l’ETH Zurich. Une dizaine de postes sont ouverts à Paris, notamment dans la cryogénie, les radiofréquences, la correction d’erreurs quantiques, ainsi que des profils commerciaux.

Une feuille de route ambitieuse

Ces recrutements visent à tenir le calendrier fixé par la start-up. C12 prévoit la mise au point d’un processeur baptisé Aïdôs dès 2027, première étape vers un ordinateur quantique universel capable de s’autocorriger, attendu pour 2033. La start-up utilise des qubits sur nanotube de carbone, une approche différente des technologies supraconductrices ou à ions piégés, qui pourrait offrir une meilleure stabilité.

Avec Julien Sarry à la tête de l’ingénierie, C12 espère franchir le cap de l’industrialisation et conforter sa place dans la course mondiale au quantique. La France, déjà bien positionnée dans ce domaine, voit ainsi une de ses pépites renforcer son équipe pour passer de la recherche à la production.