Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué que le Bangladesh a sollicité un nouveau programme d'assistance, alors que l'économie du pays subit de plein fouet les répercussions de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Ivo Krznar, chef de mission du FMI pour le Bangladesh, a déclaré que des discussions sont en cours avec les autorités bangladaises concernant leur programme de réformes et leurs priorités politiques. Le montant et les modalités précises de l'aide financière demandée n'ont pas été divulgués.

Une crise énergétique sans précédent

Le conflit, qui a débuté le 28 février par des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, a provoqué une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale. Le détroit d'Ormuz, par lequel transitaient un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), reste sous contrôle iranien tandis que les États-Unis maintiennent un blocus naval des ports iraniens. Le prix du baril de pétrole a bondi à environ 100 dollars, contre 66 dollars avant le début de la guerre.

Le Bangladesh, qui compte 170 millions d'habitants, importe 95 % du pétrole et du GNL nécessaires à ses besoins énergétiques, principalement depuis le Moyen-Orient. Devant l'urgence, Dhaka a pris des mesures pour réduire la consommation, notamment en suspendant la production de la plupart des usines d'engrais. Le 19 avril, les prix du carburant ont été augmentés de 10 % à 15 %. Le prix de l'essence est passé de 0,95 dollar à 1,10 dollar le litre, et ceux du diesel et du kérosène ont également grimpé.

L'industrie textile, pilier des exportations, lourdement affectée

Le secteur du prêt-à-porter, qui représente plus de 80 % des recettes d'exportation du Bangladesh, est également durement touché. Les usines bangladaises importent une grande partie de leurs matières premières de Chine, via la mer Rouge et le Moyen-Orient. Les perturbations des routes maritimes ont fait grimper les coûts d'importation. Sayeed Ahmed Chowdhury, directeur du fabricant de tissus Square Denim, a déclaré au journal bangladais The Financial Express qu'il s'attend à une baisse des commandes d'environ 20 à 25 % pour la saison prochaine.

Par ailleurs, après le déclenchement du conflit, plusieurs compagnies aériennes ont annulé des vols en mars, ce qui a bloqué dans les aéroports du Bangladesh et d'Inde des cargaisons de vêtements destinés à Inditex (propriétaire de Zara) et à d'autres grands distributeurs.

Coût des matières premières et dette extérieure en hausse

Les perturbations des chaînes d'approvisionnement affectent également d'autres secteurs. Le prix des matières premières pour les produits plastiques a fortement augmenté : la résine, dérivée du pétrole brut et matière première clé pour le plastique, est passée d'environ 900 à 950 dollars la tonne à 1 500 – 1 600 dollars, selon le journal Daily Star.

Parallèlement, la dette extérieure du Bangladesh a augmenté ces dernières années, le gouvernement ayant emprunté davantage pour financer des projets d'infrastructure et soutenir sa balance des paiements. En décembre, la dette extérieure atteignait 113,5 milliards de dollars, contre 112,2 milliards le trimestre précédent. En 2024, la Banque mondiale et le FMI classaient le Bangladesh comme présentant un faible risque de surendettement extérieur, la dette représentant environ 22 % du revenu national brut. Cette évaluation pourrait être revue à la lumière des retombées économiques du conflit.

Un précédent programme du FMI toujours en cours

Le Bangladesh est déjà engagé dans un programme de 5,7 milliards de dollars avec le FMI, lancé en 2023 et prévu pour une durée de quatre ans. En mars, le gouvernement bangladais avait indiqué qu'il cherchait à obtenir 2 milliards de dollars de prêts auprès de différents donateurs pour faire face à la crise énergétique provoquée par la guerre. La semaine dernière, une réunion virtuelle s'est tenue entre les autorités bangladaises et le FMI. L'issue des discussions en cours déterminera les contours du nouveau soutien sollicité.