Le projet de liaison ferroviaire express entre Paris et l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle a dévoilé les contours précis de sa future offre. Présenté comme un service haut de gamme, le CDG Express proposera une fréquence d’un train toutes les 15 minutes, avec des tarifs compris entre 16 et 33 euros par trajet, et la gratuité pour les mineurs de moins de 16 ans. La mise en service est annoncée pour 2027.

Une desserte rapide et régulière

La ligne doit relier la gare de l’Est, à Paris, au terminal 2 de l’aéroport de Roissy en un temps de parcours d’environ 20 minutes. Les voyageurs pourront emprunter un train toutes les 15 minutes en heure de pointe comme en heure creuse, assurent les porteurs du projet. Cette fréquence vise à offrir une alternative compétitive à la voiture et aux taxis pour les déplacements vers le premier aéroport français.

Une grille tarifaire segmentée

Le tarif de base est fixé à 16 euros pour un aller simple en seconde classe. Un billet en première classe sera facturé 33 euros. Les enfants de moins de 16 ans voyageront gratuitement, sans condition de résidence ou de nombre d’accompagnateurs, précise le dossier de présentation. Aucun abonnement ou formule de réduction n’a encore été dévoilé pour les usagers fréquents, mais les discussions avec les autorités organisatrices de mobilité se poursuivent.

Des services à bord et en gare

À bord, les passagers bénéficieront de canapés individuels, de prises électriques et USB, d’une connexion Wi-Fi gratuite et d’un service de restauration légère. Les voitures seront équipées d’espaces dédiés aux bagages, avec un système de consigne numérique permettant de suivre ses valises en temps réel via une application mobile. En gare de l’Est, un salon d’attente climatisé avec écrans d’information et boutiques sera réservé aux voyageurs du CDG Express.

Un financement public-privé

Le coût total du projet est estimé à environ 3 milliards d’euros, financé à parts égales par l’État, la région Île-de-France et le groupe ADP (Aéroports de Paris), auxquels s’ajoute une contribution du concessionnaire privé qui exploitera la ligne. Ce dernier a été désigné en 2023 après un appel d’offres et réunira les sociétés Keolis et RATP Dev, filiales respectives de la SNCF et de la RATP, ainsi que la Caisse des dépôts. La concession court sur 35 ans.

Un projet longtemps attendu

L’idée d’une liaison directe entre Paris et Roissy par le rail existe depuis les années 1990, mais s’est heurtée à des difficultés techniques, financières et politiques. Le projet a été relancé en 2019 par le gouvernement, puis inscrit dans la loi d’orientation des mobilités. Les travaux préparatoires ont débuté en 2021, et la phase de génie civil est en cours, notamment pour le réaménagement de la gare de l’Est et la création d’un nouveau quai dédié aux départs.

L’opposition des riverains et des élus locaux

Plusieurs associations de défense des usagers et des riverains contestent le projet, estimant qu’il accapare des capacités ferroviaires au détriment des trains de banlieue. Des élus de Seine-Saint-Denis demandent que la gratuité pour les moins de 16 ans soit étendue à tous les enfants d’Île-de-France, sans distinction de destination. Le collectif « Non au CDG Express » a annoncé le dépôt d’un recours devant le tribunal administratif de Paris, dénonçant une « gabegie financière » et un « service discriminant ».

Un calendrier qui se précise

Les premières rames sont en cours de construction dans les usines Alstom de Valenciennes. Les essais dynamiques sur la ligne existante sont programmés pour la fin de l’année 2026. La mise en service commerciale est annoncée pour le premier trimestre 2027, avec une montée en charge progressive de la fréquence sur les premiers mois. Le gouvernement espère que le CDG Express contribuera à réduire de 40 % le trafic routier vers l’aéroport d’ici 2030.