Le chef de la diplomatie chinoise a profité de son passage à l'ONU pour formuler des critiques à peine voilées contre la politique étrangère des États-Unis, sans jamais nommer directement le président Donald Trump. Dans un discours prononcé le 26 mai au siège des Nations unies, il a plaidé pour un renforcement du rôle de l'organisation internationale et a condamné ce qu'il a présenté comme des atteintes au multilatéralisme.

Un appel à un multilatéralisme renforcé

S'exprimant depuis New York, le ministre a défendu une vision du monde où les grandes puissances doivent respecter la charte des Nations unies et les normes internationales. Il a estimé que le système actuel était mis à l'épreuve par des approches unilatérales, une référence implicite aux positions de Washington sur des dossiers tels que le commerce ou la sécurité. Il a déclaré que « l'hégémonie et les pratiques de pouvoir ne sont pas une option viable » pour résoudre les défis mondiaux, une formule que les observateurs ont interprétée comme une critique de la doctrine « America First » de l'administration américaine.

Pas de mention directe de Trump

Le diplomate chinois s'est gardé de citer nommément le président américain ou son administration, mais le contexte de ses remarques ne laissait guère de place au doute. Il a notamment dénoncé les « sanctions unilatérales abusives » et les « menaces de guerre commerciale », deux thèmes récurrents dans les tensions sino-américaines des dernières années. Il a également appelé les membres de l'ONU à ne pas « transformer l'organisation en une arène de compétition entre grandes puissances », une phrase visant à contrer ce que Pékin perçoit comme une tentative de Washington d'utiliser les institutions internationales à son avantage.

Le contexte des relations sino-américaines

Cette intervention intervient dans une période de relations bilatérales particulièrement tendues. Les deux premières économies mondiales sont engagées dans une guerre commerciale qui a vu l'imposition de droits de douane réciproques et des restrictions technologiques. La Chine cherche à se positionner en défenseur du multilatéralisme et du libre-échange, contrastant avec l'approche plus transactionnelle de l'administration républicaine. Le discours à l'ONU s'inscrit dans cette stratégie de communication qui vise à gagner des alliés parmi les nations en développement et à isoler diplomatiquement les États-Unis.

Pas de réponse américaine immédiate

Au moment de la diffusion des propos du ministre chinois, aucune réaction officielle n'était parvenue de la part de la Maison-Blanche ou du département d'État américain. Les relations entre Washington et Pékin devraient rester au cœur des débats lors des prochaines réunions internationales, notamment au G20 et à l'Assemblée générale des Nations unies prévue à l'automne.