Paul Brereton, le commissaire sortant de la Commission nationale de lutte contre la corruption (NACC) australienne, a vivement réagi mardi aux suggestions selon lesquelles il aurait contribué aux souffrances des victimes du scandale du robodebt. Intervenant lors d’une audience des estimations du Sénat, il a défendu ses actions à la tête de l’organe de surveillance, dans un climat décrit comme tendu.
Des accusations rejetées
M. Brereton a contesté les allégations selon lesquelles sa gestion aurait aggravé le préjudice subi par les personnes poursuivies à tort par le programme de recouvrement de dettes automatisé (robodebt). Ce système, qui a illégalement réclamé des sommes à des centaines de milliers d’Australiens, a été qualifié de « plus grande injustice administrative » du pays par une enquête royale. Le commissaire sortant a insisté sur le fait qu’il avait agi conformément à son mandat et aux lois en vigueur.
Une seconde enquête en cours
Au cours de la même séance, il a été révélé qu’une deuxième enquête était en cours concernant la conduite de Paul Brereton lui-même. Les détails précis de cette investigation n’ont pas été divulgués, mais elle s’ajoute à un premier examen déjà connu. Cette annonce a renforcé la tension lors de l’audience, où des sénateurs ont interrogé le commissaire sur ses décisions et son style de gestion.
Un climat de crainte au sein de la NACC
M. Brereton a également évoqué l’état d’esprit régnant au sein de son institution, affirmant que les agents de la commission étaient « terrifiés à l’idée de faire des erreurs ». Cette déclaration intervient dans un contexte où l’indépendance et l’efficacité de la NACC sont scrutées de près, notamment après les critiques formulées dans le cadre du robodebt. Le commissaire a cherché à rassurer sur la rigueur des procédures internes, tout en reconnaissant les défis auxquels fait face l’organisme.
Contexte politique
Paul Brereton, qui achève son mandat à la tête de la NACC, avait été nommé pour restaurer la confiance dans les institutions après plusieurs scandales. Cependant, son implication dans le dossier du robodebt a suscité des controverses. Des victimes et des associations estiment que la commission n’a pas suffisamment protégé leurs droits. Le gouvernement australien n’a pas commenté directement les déclarations de M. Brereton, mais des voix de l’opposition ont réclamé des éclaircissements sur la deuxième enquête en cours.
Prochaines étapes
L’audience des estimations du Sénat se poursuit cette semaine, avec d’autres auditions prévues. La publication des conclusions de l’enquête interne sur la conduite de Paul Brereton est attendue dans les mois à venir, sans qu’aucune date précise n’ait été communiquée. Le successeur du commissaire n’a pas encore été désigné.