Une directive interne sans précédent
Le département du Travail américain a adressé un courriel interne à l'ensemble de ses employés, leur ordonnant de signaler toute personne qui « prioriserait la diversité, l'équité et l'inclusion » (DEI) dans le cadre de son travail. Ce message, dont le contenu a été révélé par des agents, suscite une vive controverse en raison de son ton intrusif et de son champ d'application rétroactif.
Des consignes qui remontent avant le nouveau mandat
L'instruction précise que les comportements à rapporter incluent ceux qui ont eu lieu avant la seconde investiture de Donald Trump, le 20 janvier dernier. Cette dimension rétroactive a particulièrement choqué les employés, qui y voient une tentative de purge politique. Selon un agent du département qui a requis l'anonymat, la directive ressemble à un « rappel de dénoncer ses collègues », ajoutant que le climat de travail est désormais empreint de méfiance.
Un mécanisme de signalement explicite
Le courriel ne se contente pas d'inciter aux signalements : il met en place une procédure concrète, demandant aux employés de rapporter tout incident ou comportement suspect à une adresse électronique dédiée. Les agents sont appelés à décrire les faits avec précision, à fournir les identités des personnes impliquées ainsi que les dates et lieux des événements. Les responsables hiérarchiques sont quant à eux invités à « renforcer l'importance de cette initiative » auprès de leurs équipes.
Une mesure inscrite dans une offensive plus large
Cette directive s'inscrit dans une politique plus vaste de l'administration Trump, visant à démanteler les programmes fédéraux liés à la diversité, l'équité et l'inclusion. Dès son retour au pouvoir, le président a signé un décret exécutif ordonnant la suppression de ces initiatives dans toutes les agences fédérales. Le département du Travail semble appliquer cette consigne avec une rigueur inhabituelle, en mobilisant l'ensemble de ses effectifs comme relais de surveillance interne.
Réactions et inquiétudes
Les syndicats et des associations de défense des droits civiques ont dénoncé une « chasse aux sorcières » et une atteinte à la liberté d'expression des fonctionnaires. Plusieurs employés ont fait part de leur crainte de voir leurs collègues sanctionnés pour des propos ou des actions qui étaient, jusqu'à récemment, encouragés par l'administration. Un agent a confié que certains de ses collègues envisagent de quitter leur poste, estimant que l'atmosphère est devenue « irrespirable ».
Un précédent dans l'histoire récente
Cette mesure rappelle les pratiques de signalement obligatoire instaurées dans d'autres contextes politiques, mais elle est sans précédent dans l'histoire récente du département du Travail. Les critiques y voient une dérive autoritaire, tandis que les partisans de la ligne dure estiment qu'il s'agit d'une nécessité pour garantir la neutralité de l'administration publique.
Conséquences potentielles
L'application de cette directive pourrait entraîner des enquêtes internes, des suspensions ou des licenciements pour les agents jugés trop engagés en faveur des politiques de diversité. À terme, elle pourrait également dissuader les fonctionnaires de participer à des formations ou des groupes de travail liés à l'inclusion, par crainte de représailles.
Le département du Travail n'a pas officiellement commenté cette fuite, mais plusieurs sources internes confirment l'authenticité du courriel. L'affaire pourrait être portée devant les tribunaux si des employés contestent la légalité de ces signalements forcés.