Le gouvernement britannique a annoncé la suppression d'une subvention annuelle de 320 millions de livres sterling (environ 370 millions d'euros) dédiée au sport dans les écoles primaires en Angleterre, une décision qualifiée de maladroite par certains observateurs alors que les préoccupations concernant l'obésité infantile et l'usage des écrans atteignent des niveaux record.
Un nouveau programme de 193 millions de livres (environ 223 millions d'euros) doit prendre le relais, élargissant son champ aux établissements secondaires et confiant un rôle accru aux clubs et entraîneurs extérieurs. Ce dispositif s'inspire d'un modèle antérieur où les organisations sportives externes étaient davantage mises à contribution.
Des chefs d'établissement mécontents
Les directeurs d'école primaire ont exprimé leur mécontentement, en particulier face à la rapidité avec laquelle cette réforme est mise en œuvre. Ils estiment que la réduction des financements dédiés au sport dans le primaire est une erreur, à un moment où les experts considèrent l'obésité infantile comme l'un des plus grands défis de santé publique du pays.
Selon des données récentes, plus de 6 000 enfants ont été traités dans des cliniques spécialisées dans l'obésité en Angleterre. Par ailleurs, les inquiétudes concernant la santé mentale des jeunes et leur exposition aux écrans alimentent le débat public, le gouvernement ayant clôturé une consultation sur l'utilisation des réseaux sociaux par les enfants quelques jours seulement avant cette annonce.
Soutien de Sport England
De leur côté, des organismes comme Sport England ont accueilli favorablement la réforme, leur rôle devant être renforcé dans le nouveau dispositif. Les avantages potentiels concernent particulièrement les élèves plus âgés qui ne participent pas déjà à un large éventail d'activités extrascolaires, en leur offrant la possibilité de nouer des liens avec des équipes ou des clubs extérieurs.
Calendrier controversé
La décision intervient dans un contexte de vif débat sur la santé des jeunes. Le gouvernement a présenté la réforme comme un moyen de mieux coordonner l'offre sportive entre le primaire et le secondaire, mais les critiques soulignent le contraste entre les discours gouvernementaux sur la jeunesse et une mesure qui réduit les moyens alloués aux plus jeunes.
Les écoles primaires, qui bénéficiaient jusqu'à présent de cette enveloppe spécifique, devront désormais composer avec un financement moindre et une implication accrue des acteurs extérieurs, dont l'efficacité reste à démontrer selon certains directeurs.