Le Hezbollah a affirmé, dans un communiqué publié mercredi, mener des « combats directs » avec les forces israéliennes dans le sud du Liban. Cette annonce intervient alors qu’une trêve est officiellement en vigueur depuis plusieurs semaines, mais que les hostilités n’ont pas complètement cessé sur le terrain.
Selon la formation chiite, ses combattants ont engagé des affrontements au sol avec des soldats israéliens dans une zone du sud du pays, sans que le lieu précis ne soit communiqué. Le Hezbollah assure que ces opérations visent à « repousser les incursions » de l’armée israélienne, qui auraient franchi la ligne de cessez-le-feu.
Poursuite des frappes israéliennes
Parallèlement, l’armée israélienne a mené de nouvelles frappes aériennes contre ce qu’elle présente comme des « infrastructures du Hezbollah » dans le sud du Liban. L’état-major israélien justifie ces frappes par la nécessité d’empêcher toute reconstruction ou repositionnement de la milice près de la frontière. Les frappes ont visé des postes d’observation, des dépôts d’armes et des tunnels, selon des sources de sécurité libanaises.
Côté israélien, aucune confirmation officielle immédiate des combats directs au sol n’a été donnée. Les autorités israéliennes se contentent de rappeler que leur armée « agit pour faire respecter la trêve et empêcher toute menace ».
La trêve sous tension
La trêve, négociée sous l’égide des États-Unis et de la France, prévoyait le retrait des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l’armée libanaise dans cette zone. Or, sur le terrain, l’application de l’accord reste partielle. Le gouvernement libanais et le Hezbollah accusent Israël de ne pas respecter ses engagements, tandis qu’Israël dénonce des violations de la part du Hezbollah.
Dans ce climat de défiance, les chances d’une stabilisation rapide semblent s’amenuiser. Les frappes israéliennes se sont intensifiées ces derniers jours, et le Hezbollah continue de revendiquer des actions de résistance contre ce qu’il qualifie d’« occupation ».
Blocage des négociations américano-iraniennes
Autre facteur d’inquiétude : les discussions entre les États-Unis et l’Iran sur le programme nucléaire iranien, qui conditionnent en partie l’apaisement régional, n’avancent pas. Les pourparlers indirects, qui se déroulaient via des médiateurs, semblent au point mort. Le Hezbollah étant un allié majeur de Téhéran, une détente entre Washington et Téhéran pourrait influencer le comportement de la milice. À l’inverse, l’enlisement des discussions accentue les risques d’escalade.
La communauté internationale suit avec préoccupation la situation. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme a appelé les deux parties à respecter le cessez-le-feu et à éviter toute action susceptible d’entraîner une reprise généralisée des hostilités.
Un équilibre fragile
Pour l’instant, la « guerre au Moyen-Orient », comme la qualifient les médias, reste limitée au Liban sud, mais les déclarations du Hezbollah laissent craindre un embrasement plus large. L’Iran, via son envoyé spécial, a averti qu’une « nouvelle agression » israélienne au Liban pourrait entraîner une riposte « non seulement du Hezbollah mais de l’ensemble de l’axe de la résistance ».
Le gouvernement libanais, qui se trouve pris en tenaille entre l’influence du Hezbollah et les pressions internationales, peine à faire entendre sa voix. Le Premier ministre a répété que son pays ne souhaitait pas la guerre, mais que la souveraineté libanaise devait être respectée.
Sur le terrain, les populations civiles fuient les zones de combats. Des milliers de personnes ont quitté les villages du sud pour se réfugier à Beyrouth ou dans d’autres régions plus sûres. Les infrastructures locales, déjà fragilisées par la crise économique, subissent de lourds dégâts.
Quelles perspectives ?
Tant que les négociations américano-iraniennes n’aboutiront pas et qu’aucun mécanisme de contrôle crédible ne sera mis en place entre Israël et le Hezbollah, la trêve risque de rester un vœu pieux. Les « combats directs » revendiqués par le Hezbollah pourraient n’être que le prélude à une confrontation plus large, si aucun effort diplomatique ne parvient à désamorcer la crise.