Le bras de fer juridique s'intensifie autour de l'avenir d'une centrale à charbon du Michigan. L'administration Trump a décrété une « urgence énergétique » pour contraindre une centrale électrique vieille de plusieurs décennies à poursuivre son activité, une décision que l'État du Michigan conteste désormais devant la Cour d'appel fédérale du circuit du district de Columbia.
Michigan, Illinois et Minnesota se sont joints à des groupes environnementaux pour demander aux juges de déclarer illégale l'ordonnance d'urgence émise par le Département de l'Énergie. Lors d'une audience tenue le 15 mai 2026, un avocat du Michigan a plaidé que le gouvernement fédéral avait pris une décision « sans précédent » en ordonnant le maintien en activité de la centrale J.H. Campbell, située à West Olive.
Une centrale de 1962 maintenue en vie par décret La centrale J.H. Campbell, ouverte en 1962, devait cesser définitivement son activité le 31 mai 2025, dans le cadre de la transition énergétique nationale vers des sources moins polluantes et moins coûteuses comme le gaz naturel et les énergies renouvelables. Mais une semaine avant cette date butoir, le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, a ordonné le maintien de la centrale, invoquant un risque de pénurie d'électricité dans le Midwest durant l'été. Cet ordre a été renouvelé à plusieurs reprises depuis, et des mesures similaires ont été imposées à quatre autres centrales à charbon à travers le pays.
Des juges interrogent la notion d'urgence Lucas Wollenzien, avocat général adjoint du Michigan, a plaidé au nom des trois États. Il a soutenu que le Département de l'Énergie n'avait pas fourni de preuves concrètes établissant une véritable situation d'urgence. Laisser une telle décision en place, a-t-il argumenté, permettrait « un droit de veto unilatéral du secrétaire sur toutes les décisions de planification des ressources ».
La question centrale soumise aux juges est celle de la définition d'une urgence. Les juges ont interrogé les parties sur le point de savoir si des mesures nécessaires pour prévenir un risque futur constituent automatiquement une urgence. Ils ont notamment évoqué le changement climatique comme analogie possible, soulevant des questions sur la portée d'une telle doctrine.
Enjeux pour la transition énergétique Si la décision de l'administration était confirmée, elle pourrait créer un précédent majeur en permettant au gouvernement fédéral de passer outre les choix énergétiques des États. Les opposants à l'ordre estiment qu'il s'agit d'une intrusion fédérale sans précédent dans la planification énergétique locale, et qu'elle va à l'encontre des objectifs de réduction des émissions de carbone. La décision de la Cour d'appel est attendue avec attention, car elle pourrait déterminer l'équilibre des pouvoirs entre les États et le gouvernement fédéral en matière de politique énergétique.