Des millions de musulmans à travers le monde ont entamé les célébrations de l’Aïd al-Adha, la « fête du sacrifice », qui tombe le 10e jour de Dhul Hijjah, dernier mois du calendrier lunaire musulman. Cette fête majeure coïncide avec l’ultime journée du pèlerinage annuel du Hajj en Arabie saoudite, où plus de 1,7 million de personnes sont rassemblées cette année, un chiffre en légère hausse par rapport à l’année précédente.
Déroulement du Hajj et signification religieuse Mardi, les pèlerins ont prié sur le mont Arafat, lieu où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. Ils ont ensuite passé la nuit à ciel ouvert à Muzdalifah, à mi-chemin entre Arafat et Mina, où ils ont ramassé des cailloux pour la lapidation symbolique du diable. Après cette cérémonie à Mina, ils retournent à La Mecque pour une circumambulation finale autour de la Kaaba, l’édifice cubique situé au cœur de la Grande Mosquée, vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier.
L’Aïd al-Adha commémore l’histoire coranique du prophète Ibrahim, prêt à sacrifier son fils Ismail par obéissance à Dieu. La tradition islamique rapporte que Dieu épargna l’enfant, le remplaçant par un bélier. La journée est marquée par le sacrifice d’un animal – généralement un mouton, une chèvre ou une vache – et le partage de sa viande entre la famille, les voisins et les personnes dans le besoin, soulignant les thèmes de la foi, de la charité et de la communauté.
Gaza : une célébration dans les décombres Dans la bande de Gaza, où l’offensive israélienne menée ces derniers mois a dévasté des quartiers entiers et déplacé la majeure partie de la population, de nombreuses familles célèbrent l’Aïd sous des tentes et dans des abris surpeuplés, avec peu de viande ou de vêtements de fête. Des images montrent des Palestiniens priant à côté des ruines d’une mosquée détruite par des bombardements israéliens à Khan Younès, dans le sud de l’enclave.
Soudan : prières dans une mosquée endommagée par la guerre Au Soudan, des fidèles ont assisté à la prière de l’Aïd al-Adha à la mosquée Al-Sayyid Abdul Rahman al-Mahdi à Khartoum, qui porte les stigmates des combats. Le pays est en proie à un conflit armé qui a ravagé de nombreuses infrastructures et plongé une partie de la population dans une crise humanitaire aiguë.
Célébrations dans le monde En dehors des zones de conflit, les fidèles ont participé aux prières dans une atmosphère de recueillement et de fête. À Jérusalem-Est, des centaines de musulmans se sont rassemblés sur l’esplanade des Mosquées, près du dôme du Rocher, pour la prière de l’Aïd. À Moscou, des musulmans ont prié devant la mosquée-cathédrale. Au Nigeria, des fidèles se sont réunis en plein air à Minna. À Lahore, au Pakistan, une femme s’est fait décorer les mains au henné traditionnel à la mosquée Badshahi. En Indonésie, des femmes ont accompli la prière du matin dans la rue à Jakarta. Au Liban, une fillette tenant un ballon a célébré l’Aïd avec sa famille après la prière près de la mosquée Mohammad Al-Amin à Beyrouth. À Nairobi, au Kenya, des chèvres étaient exposées au marché de Kiamaiko avant la fête. En Irak, des chiites se sont réunis pour la prière au sanctuaire de l’imam Ali à Nadjaf. Au Yémen, un garçon vêtu d’habits traditionnels se tenait près d’une foule de femmes attendant la prière sur la place de la Liberté à Taïz.
Ce tableau contrasté montre que, partout dans le monde, l’Aïd al-Adha reste un moment de communion spirituelle et de solidarité, même lorsque les circonstances rendent la fête plus sobre.