Le parquet a exposé les charges retenues contre l’ancien dirigeant du Parti unioniste démocrate (DUP) Jeffrey Donaldson, accusé de 18 infractions sexuelles, dont un viol, lors du deuxième jour de son procès devant la cour de la Couronne de Newry, dans le comté de Down, mercredi 27 mai.

Selon l’acte d’accusation, M. Donaldson aurait agressé sexuellement une enfant et, des années plus tard, aurait présenté ses excuses à la victime lors d’une rencontre organisée par une église. La procureure Rosemary Walsh a affirmé que les abus auraient été commis avec la complicité de son épouse, Eleanor Donaldson.

Des charges multiples

Les infractions reprochées à Jeffrey Donaldson, 63 ans, couvrent une période de 1985 à 2008 et concernent deux victimes présumées. Il est notamment poursuivi pour un viol. Sa femme, Eleanor Donaldson, 60 ans, est accusée de complicité de viol et de voies de fait indécentes. Tous deux plaident non coupables.

Lors de l’audience, M. Donaldson, vêtu d’un costume bleu, était assis dans le box des accusés, encadré par deux agents judiciaires. Il a pris des notes pendant que la procureure détaillait les éléments de preuve à charge.

Une procédure simultanée inédite

Eleanor Donaldson, jugée inapte à être jugée pour des raisons de santé mentale, n’a pas comparu. Une procédure distincte, dite « trial of the facts » (procès des faits), est menée à son encontre. Ce mécanisme juridique permet d’examiner les preuves sans aboutir à une condamnation pénale. Les deux procédures se déroulent en parallèle, avec des équipes juridiques distinctes représentant les intérêts de chaque époux.

La procureure Rosemary Walsh s’est adressée au jury, composé de cinq femmes et sept hommes, pour exposer les grandes lignes de l’accusation. Le procès devrait durer environ quatre semaines.

Un procès très médiatisé

Jeffrey Donaldson a occupé des fonctions politiques de premier plan en Irlande du Nord, en tant que député à la Chambre des communes et dirigeant du DUP, le principal parti unioniste. Sa chute a été précipitée par ces accusations, qui ont ébranlé la scène politique nord-irlandaise. Ce procès est suivi de près par les médias et l’opinion publique.

Les débats se poursuivent dans les jours à venir.