Selon des informations recueillies auprès de son entourage, Édouard Philippe a élaboré un plan détaillé pour ses premiers jours à l'Élysée, s'il est élu président de la République. Ce programme repose sur trois piliers : l'organisation de référendums, un calendrier précis pour la dissolution de l'Assemblée nationale, et le recours massif aux ordonnances pour « agir vite ». L'objectif affiché est de rompre avec les lenteurs institutionnelles et de mettre en œuvre rapidement les réformes promises pendant la campagne.
Des référendums pour trancher les questions clés
Le plan prévoit que le nouveau chef de l'État soumettrait plusieurs questions au suffrage direct des Français dès les premières semaines de son mandat. Ces référendums porteraient sur des sujets jugés prioritaires, sans que la liste exacte n'ait été dévoilée. La procédure référendaire, encadrée par l'article 11 de la Constitution, permettrait de contourner les blocages parlementaires et de donner une légitimité populaire aux orientations présidentielles.
Une dissolution rapide de l'Assemblée nationale
Édouard Philippe envisage également de dissoudre l'Assemblée nationale peu après son entrée en fonction. Cette décision, prévue par l'article 12 de la Constitution, entraînerait des élections législatives anticipées. L'objectif serait de doter le nouveau président d'une majorité parlementaire cohérente et de réorganiser le paysage politique. Le calendrier exact n'a pas été précisé, mais cette dissolution interviendrait dans un délai très court après l'élection présidentielle.
Gouverner par ordonnances pour « agir vite »
Pour accélérer la mise en œuvre des réformes, le candidat entend utiliser largement les ordonnances, comme il l'avait fait lorsqu'il était Premier ministre. Ces textes permettent au gouvernement de légiférer dans des domaines relevant normalement de la loi, après une autorisation du Parlement. Le recours aux ordonnances est présenté comme un moyen de « agir vite » face à l'urgence des défis économiques et sociaux. Plusieurs projets de lois d'habilitation seraient préparés dès la transition présidentielle.
Un calendrier serré pour les cent premiers jours
L'ensemble de ces mesures s'inscrirait dans un calendrier resserré, souvent appelé « des cent premiers jours ». L'idée est de marquer un changement de méthode et de rythme par rapport aux mandats précédents. Les premières semaines à l'Élysée seraient ainsi consacrées à des annonces fortes et à des actes législatifs rapides, avant que le nouveau gouvernement ne présente son projet de loi de finances et ses réformes structurelles plus larges.
Une stratégie pour contourner les blocages
Ce plan reflète la conviction du candidat que les institutions françaises, telles qu'elles fonctionnent actuellement, ralentissent les transformations nécessaires. En combinant dissolution, référendums et ordonnances, Édouard Philippe cherche à concentrer le pouvoir exécutif et à réduire l'influence des corps intermédiaires. Cette approche suscite déjà des débats sur le risque d'un affaiblissement du Parlement et des contre-pouvoirs.
Des précédents dans la Ve République
Le recours à la dissolution et aux ordonnances n'est pas nouveau sous la Ve République. Plusieurs présidents ont utilisé ces outils pour surmonter des crises ou imposer leur agenda. Édouard Philippe, qui a été Premier ministre de 2017 à 2020, connaît bien ces mécanismes. Son plan s'inspire notamment de l'expérience de la première année du quinquennat d'Emmanuel Macron, marquée par l'usage des ordonnances pour réformer le code du travail.
Les réactions politiques
Les premières réactions à ce plan sont contrastées. Les soutiens du candidat y voient une preuve de détermination et de volonté de réforme. Ses adversaires dénoncent un projet autoritaire et un mépris du débat parlementaire. Des juristes s'interrogent sur la constitutionnalité de l'usage intensif des référendums et des ordonnances, notamment sur la possibilité de cumuler dissolution et référendum dans un laps de temps très court.
Une mise en œuvre conditionnée par l'élection
Ce plan ne pourra être mis en œuvre que si Édouard Philippe remporte l'élection présidentielle. Il est présenté comme un élément clé de sa campagne, destiné à rassurer les électeurs sur sa capacité à agir rapidement et à rompre avec les pratiques antérieures. Les détails pourraient être précisés dans les prochaines semaines, notamment lors de meetings ou d'interviews.