Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, a mis en garde contre les risques systémiques que feraient peser une guerre entre les États-Unis et l'Iran sur la stabilité financière mondiale. Dans une intervention rapportée ces derniers jours, il a souligné que les politiques commerciales volatiles de Washington et la réduction de la coopération internationale constituent des menaces supplémentaires pour l'économie.
Une menace directe pour les marchés Selon M. de Guindos, un conflit armé avec l'Iran pourrait agir comme un catalyseur d'une crise financière. Il a expliqué que l'incertitude géopolitique, combinée à l'imprévisibilité des décisions de l'administration américaine en matière de droits de douane, crée un environnement propice à des chocs brutaux sur les marchés. Le vice-président de la BCE a insisté sur le fait que la communauté internationale doit se préparer à des scénarios extrêmes, car les mécanismes habituels de régulation pourraient ne pas suffire à contenir la contagion.
Politiques commerciales et coopération en berne Luis de Guindos a également pointé du doigt les perturbations causées par les changements fréquents de la politique douanière américaine. Cette volatilité, a-t-il dit, fragilise les chaînes d'approvisionnement mondiales et sape la confiance des investisseurs. Par ailleurs, il a regretté la diminution de la coopération multilatérale, estimant que le repli sur soi de certaines grandes puissances rend plus difficile la coordination nécessaire pour prévenir une crise.
Un contexte économique déjà tendu Ces avertissements de la BCE interviennent dans un climat économique mondial déjà marqué par une inflation persistante, des taux d'intérêt élevés et une croissance atone. Les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du programme nucléaire iranien, ont déjà provoqué des fluctuations des prix du pétrole. M. de Guindos a prévenu que l'impact d'une guerre ne se limiterait pas à la région, mais entraînerait une onde de choc sur les banques européennes et les marchés émergents, via une hausse brutale du prix de l'énergie et une fuite vers les actifs sûrs.
Réactions et implications Si les marchés financiers restent pour l'instant relativement calmes, les propos du numéro deux de la BCE sont pris très au sérieux par les acteurs économiques. Ils rappellent que le système financier mondial, bien que mieux capitalisé qu'en 2008, reste vulnérable à des chocs géopolitiques majeurs. La BCE pourrait être contrainte de déployer des instruments d'urgence, comme des achats d'actifs ou des prêts d'urgence aux banques, pour empêcher un gel du crédit. L'alerte de Luis de Guindos souligne la nécessité pour les gouvernements européens de diversifier leurs approvisionnements énergétiques et de renforcer la résilience de leur économie face à des scénarios de conflit.