Le Parti national écossais (SNP) a été accusé ce mardi de « duper » les électeurs, alors que la controverse entourant les aveux de Peter Murrell pour détournement de fonds a éclipsé une motion parlementaire visant à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance.

Lors de la première journée complète de travaux parlementaires à Holyrood, le premier ministre John Swinney a déposé une motion symbolique demandant le pouvoir d’organiser un nouveau scrutin sur l’indépendance de l’Écosse. Cette démarche faisait suite à une promesse de campagne lors des dernières élections législatives écossaises. Cependant, l’opposition a immédiatement détourné l’attention sur le scandale financier qui secoue le SNP.

Peter Murrell, ancien directeur général du parti et époux de l’ex-première ministre Nicola Sturgeon, a plaidé coupable lundi pour le détournement de 400 310,65 livres sterling (environ 470 000 euros) alors qu’il était en poste. Ce paiement, effectué sans autorisation, a été prélevé sur les fonds du parti, suscitant une vive indignation politique.

Une motion d’indépendance reléguée au second plan

Dans son discours devant les députés écossais (MSP), John Swinney a tenté de recentrer le débat sur le droit à l’autodétermination. « Aujourd’hui, je demande à ce Parlement de confirmer que cette union est volontaire et que le peuple d’Écosse a le droit de décider s’il souhaite y rester », a-t-il déclaré. « C’est un principe qui devrait être accepté par tous ceux qui croient en l’indépendance, mais aussi par tous ceux qui croient en l’union. »

Mais cette intervention n’a pas suffi à faire oublier la crise interne. Les chefs de file des partis d’opposition ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une tentative de noyer le scandale dans un débat procédural. L’un d’eux a accusé le SNP de « duper les électeurs » en feignant d’ignorer l’ampleur du détournement commis par l’un de ses plus hauts responsables.

Des réactions politiques virulentes

La motion de Swinney n’apportait aucun argument juridique ou constitutionnel nouveau susceptible de contraindre le gouvernement britannique à accepter un référendum. Elle visait plutôt à obtenir un vote de principe au Parlement écossais. Les partis unionistes ont immédiatement rejeté cette initiative, la qualifiant de diversion.

L’affaire Murrell jette une ombre supplémentaire sur le SNP, déjà fragilisé par une chute dans les sondages et des divisions internes. Le parti, qui a longtemps dominé la vie politique écossaise, se trouve aujourd’hui confronté à des questions sur sa gestion financière et sa transparence.

Un procès à venir

Peter Murrell, âgé de 60 ans, a été libéré sous caution en attendant sa condamnation. Son procès pour détournement de fonds devrait s’ouvrir dans les mois à venir. Les enquêtes ont révélé que l’argent avait été utilisé pour des dépenses personnelles et non autorisées, sans que la direction du parti n’en ait été informée.

Le scandale a également des répercussions sur la crédibilité de la campagne indépendantiste. Alors que le SNP espérait capitaliser sur un élan populaire pour un nouveau référendum, l’affaire Murrell pourrait renforcer l’idée que le parti n’est pas apte à gouverner de manière transparente.

En attendant, le débat parlementaire a été largement dominé par les questions des députés d’opposition sur le détournement de fonds, forçant Swinney à répondre sur la gouvernance interne du parti plutôt que sur l’avenir constitutionnel de l’Écosse.