Des stars sacrifiées sur l'autel du calendrier
Phil Foden et Cole Palmer, deux des talents les plus prometteurs du football anglais, ont manqué la sélection pour la Coupe du monde de cet été en raison d'un épuisement physique et mental causé par une surcharge de matchs, a affirmé le directeur général de la Professional Footballers' Association (PFA), Maheta Molango.
« Moins de deux ans après avoir été élu meilleur joueur de la Premier League par ses pairs, Phil Foden n'est plus le même joueur », a déclaré Molango. Il a souligné que ce n'était « pas la version de Phil Foden que nous avons vue il y a deux ans », évoquant une baisse de performances due à ce que le syndicat international des joueurs, la Fifpro, appelle la « fatigue cumulative ».
Des chiffres accablants pour les clubs anglais
De nouvelles données publiées par la PFA montrent que sept des dix joueurs les plus sollicités dans les championnats européens cette saison évoluent dans des clubs anglais. Ce constat renforce le discours du syndicat sur les effets néfastes d'un calendrier « fou » sur la santé des footballeurs.
« Ce sont les joueurs qui nous font rêver, et nous les épuisons », a déploré Maheta Molango. Il estime que le jeu lui-même est endommagé par les exigences toujours plus grandes imposées aux meilleurs éléments.
Un phénomène structurel
Le cas de Cole Palmer et Phil Foden n'est pas isolé. La multiplication des compétitions nationales et internationales, l'extension des calendriers de clubs et les tournées estivales contribuent à un volume de matchs jugé intenable par les instances représentatives des joueurs. La PFA réclame depuis plusieurs années une réduction du nombre de rencontres et une meilleure prise en compte du bien-être des athlètes.
Pour Molango, l'absence de ces deux joueurs anglais en Coupe du monde est le symptôme d'un problème plus vaste : « Quand on voit les meilleurs joueurs décliner ou se blesser, c'est le signal d'alarme. Il est temps de réformer le calendrier international. »
Des critiques qui s'étendent au-delà de l'Angleterre
Les doléances de la PFA rejoignent celles de nombreux syndicats de joueurs en Europe. La Fifpro mène régulièrement des études sur la charge de travail et alerte sur les risques pour la santé physique et mentale des footballeurs. Les instances dirigeantes, notamment l'UEFA et la FIFA, sont régulièrement interpellées pour trouver un équilibre entre intérêts commerciaux et protection des joueurs.
L'absence de Foden et Palmer, deux joueurs qui avaient brillé lors de l'Euro 2024, a surpris les observateurs, mais Molango assure qu'elle était prévisible : « Leurs corps ont dit stop. Ce n'est pas une question de talent, mais de charge de travail. »
Vers une prise de conscience ?
La PFA espère que ces cas emblématiques serviront de déclencheur pour des réformes concrètes. Le syndicat appelle à une limitation du nombre de matchs par saison et à l'instauration de périodes de repos obligatoires. Alors que le football mondial génère des revenus records, la voix des joueurs se fait de plus en plus pressante pour rappeler que les athlètes ne sont pas des machines.