Plusieurs lecteurs d’un grand quotidien britannique ont réagi à une tribune appelant à inclure les retraites dans les coupes budgétaires, en pointant du doigt les pensions du secteur public, qu’ils jugent à la fois injustes pour les jeunes générations et insoutenables pour les finances de l’État.
Des régimes à prestations définies très coûteux
Selon les courriers, la tribune initiale aurait omis un élément central du débat : le financement des régimes de retraite à prestations définies (DB) du secteur public. Ces régimes exigent des cotisations patronales bien plus élevées que celles du privé – souvent plus de 25 % – contre 3 à 8 % dans le secteur privé pour les régimes à cotisations définies (DC). Les flux totaux liés aux pensions publiques, cotisations employeur et salarié comprises, sont estimés à environ 50 milliards de livres sterling par an, entièrement supportés par le contribuable. S’y ajoutent quelque 5 milliards annuels supplémentaires que le Trésor doit verser pour couvrir intégralement la facture des pensions en cours, souvent indexées sur l’indice des prix de détail (RPI).
Un déséquilibre entre public et privé
Les lecteurs soulignent que, certes, les cotisations privées bénéficient également de l’allégement fiscal (qui peut représenter 20 à 45 % de l’effort financé par l’impôt), mais les pensions privées versées ne comportent quasiment aucune garantie et dépendent des performances des investissements. En revanche, les pensions publiques sont garanties et indexées. Un lecteur chiffre que la majorité des moins de 30 ans (environ 85 %) travaille dans le privé et ne profitera donc jamais de ces régimes publics avantageux, creusant ainsi une inégalité intergénérationnelle.
Des conséquences à long terme
Les auteurs des lettres avertissent également sur les conséquences à long terme pour les finances publiques. Alors que les pensions privées sont financées par les cotisations (et les allégements fiscaux) en temps réel, de nombreux régimes publics reposent sur des engagements futurs qui pèsent sur la dette implicite de l’État. Cette situation, selon eux, rend le système de retraite britannique à la fois injuste pour les travailleurs du privé et structurellement non viable sans réforme.
Le débat, lancé par la tribune initiale, met en lumière une tension persistante entre la générosité des pensions publiques et la nécessité de maîtriser les dépenses sociales. Les lecteurs appellent les responsables politiques à ne plus ignorer ce sujet