Le 25 mai 2026, Christopher Olah, cofondateur de la société d'intelligence artificielle Anthropic, a partagé la tribune du Vatican avec le pape Léon XIV pour la présentation de Magnifica Humanitas, la première encyclique pontificale consacrée à l'intelligence artificielle. Le texte de 245 paragraphes et 45 000 mots appelle à « désarmer l'IA » et condamne la concentration du pouvoir numérique, sans mentionner aucune entreprise.
Une présence remarquée mais non contractuelle
La présence de Christopher Olah a été précisée par une source senior du Vatican comme n'étant « ni une validation, ni un prix, ni une récompense ». Anthropic n'a pas signé le Rome Call for AI Ethics, document lancé en 2020 et déjà signé par Microsoft et IBM. Aucun communiqué conjoint n'a été publié. La relation entre le Saint-Siège et l'entreprise repose sur des dialogues entamés en décembre 2025 entre Anthropic et des penseurs catholiques californiens, dont Mgr Paul Tighe, qui ont contribué à la « Constitution de Claude », le document interne guidant le comportement du modèle d'IA.
Le contexte du bannissement américain
Cet événement intervient exactement trois mois après que l'administration Trump a banni Anthropic de toutes les agences fédérales américaines. Le 27 février 2026, Donald Trump a ordonné la cessation immédiate de l'utilisation d'Anthropic par les agences fédérales. Le Pentagone a qualifié l'entreprise de « risque pour la chaîne d'approvisionnement » et mis fin progressivement à un contrat militaire pouvant atteindre 200 millions de dollars, signé en juillet 2025. Le motif invoqué était le refus d'Anthropic de permettre l'usage de son modèle Claude pour des armes autonomes létales sans supervision humaine. L'entreprise conteste ce décret devant les tribunaux.
Un positionnement stratégique
Pour Anthropic, bannie par Washington et qualifiée de menace pour la sécurité nationale, l'image d'un cofondateur aux côtés du pape et de quatre cardinaux a une valeur considérable. Elle positionne l'entreprise comme un interlocuteur privilégié du Saint-Siège sur l'éthique de l'IA, face à des concurrents comme OpenAI ou Google qui n'ont pas obtenu cette tribune.
Lors de la présentation, Christopher Olah a reconnu que « chaque laboratoire d'IA de pointe, y compris Anthropic, fonctionne à l'intérieur d'un ensemble d'incitations commerciales et géopolitiques qui peuvent parfois être en conflit avec le fait de faire ce qui est juste ». Le pape Léon XIV a conclu la cérémonie par ces mots : « Quel grand signe d'espoir que nous puissions, malgré nos différences, nous écouter les uns les autres. »