Le Wigmore Hall, temple londonien de la musique de chambre, a célébré son 125ᵉ anniversaire le 26 mai par un concert de gala qui a renoué avec ses racines. L'événement, retransmis en direct, marquait le début d'un festival de deux semaines dédié à cet anniversaire. Le programme reprenait en partie celui du concert d'ouverture de la salle, en mai 1901. À l'époque, l'hymne national « God Save the King » avait retenti pour la première fois dans ces murs, quelques mois après la mort de la reine Victoria. Pour cette recréation, c'est la soprano Louise Alder accompagnée du pianiste Joseph Middleton qui a interprété l'hymne, avant de laisser place à des œuvres de Beethoven et Bach.
Le violoniste Eugène Ysaÿe et le compositeur-pianiste Ferruccio Busoni figuraient parmi les artistes du concert original. Un siècle et quart plus tard, ce sont la violoniste Alina Ibragimova et le pianiste Cédric Tiberghien qui ont incarné cet héritage en interprétant la « Romance en sol majeur » de Beethoven, pièce qui avait été jouée par Busoni en 1901. Le programme comprenait également des œuvres pour violon seul de Bach, en écho à la performance d'Ysaÿe.
Le gala, bien que présenté comme tel, a adopté un format plus resserré et moins cérémonieux que ce à quoi l'on aurait pu s'attendre. La diffusion en direct a probablement contribué à cette dynamique plus sobre. Loin d'être un simple exercice historique, le concert a mis en lumière les atouts qui ont fait la réputation du Wigmore Hall : une acoustique exceptionnelle, une intimité propice à la musique de chambre et une programmation exigeante.
La soirée a ainsi servi de prélude à un programme de festivités plus vastes, qui se dérouleront jusqu'au début juin. Ouvert en 1901, le Wigmore Hall a traversé les époques en conservant son statut de lieu incontournable pour la musique classique à Londres. Ce concert anniversaire a démontré que, malgré les changements de répertoire et de public, la salle reste fidèle à sa mission première : offrir un cadre idéal à l'expression musicale.
La critique a salué la qualité des interprétations et l'équilibre entre tradition et modernité. Si le gala n'a pas cherché à rivaliser avec les grandes productions symphoniques, il a su capter l'essence même de ce qui fait du Wigmore Hall un lieu unique : la rencontre entre des artistes de talent et un public connaisseur, dans un écrin conçu pour la musique.