Le régulateur britannique de l'énergie, Ofgem, s'apprête à annoncer mercredi le nouveau plafond trimestriel des prix de l'électricité. Selon les estimations du cabinet d'analyse Cornwall Insight, la facture typique d'un ménage devrait atteindre 1 850 livres, soit une hausse de 209 livres par rapport au trimestre précédent. Cette augmentation est attribuée à la flambée des prix de l'énergie consécutive à la fermeture du détroit d'Ormuz, une voie stratégique pour le transport du pétrole et du gaz.
Des hausses structurelles au-delà du conjoncturel
Si le contexte géopolitique pèse immédiatement sur les tarifs, un chroniqueur financier souligne que la tendance de fond est plus préoccupante : les prix de l'électricité devraient rester élevés pendant des années, voire une quinzaine d'années, en raison des investissements massifs nécessaires à la construction du réseau pour intégrer les énergies renouvelables. Actuellement, le gaz fixe le prix de gros de l'électricité seulement 60 % du temps, contre 90 % il y a peu, grâce à l'apport croissant de l'éolien et du solaire. Mais la transition énergétique implique de lourdes dépenses d'infrastructure qui pèseront sur les factures.
Un manque de transparence critiqué
L'analyste Nils Pratley estime qu'Ofgem devrait « dire les choses clairement » et fournir des prévisions pluriannuelles détaillées, ventilant les différentes composantes du prix de l'électricité. Il juge que le régulateur se contente trop souvent d'évoquer des chocs exogènes sans donner de visibilité à long terme aux consommateurs. Alors que la part du gaz dans la fixation des prix diminue, les coûts de réseau et les mécanismes de soutien aux renouvelables deviennent des facteurs clés, dont l'impact mériterait d'être explicité.
Des conséquences pour les ménages et l'industrie
Cette situation intervient dans un contexte où le coût de la vie reste une préoccupation majeure au Royaume-Uni. Si la hausse annoncée de 13 % pourrait être encore plus forte sans les nouvelles capacités solaires et éoliennes, les perspectives à moyen terme ne sont pas rassurantes. Les associations de consommateurs et les industriels, gros consommateurs d'électricité, attendent d'Ofgem une communication plus prospective, seule à même de permettre aux acteurs économiques de s'adapter.
Le rôle du régulateur en question
La mission d'Ofgem est de protéger les consommateurs tout en favorisant la transition énergétique. L'appel à plus de transparence intervient alors que le gouvernement britannique maintient ses objectifs climatiques ambitieux. Le défi consiste à concilier la décarbonation du réseau avec des tarifs supportables. Sans une visibilité accrue, le risque est de voir la facture énergétique devenir un frein à l'acceptation sociale des réformes écologiques.