La consommation d’additifs alimentaires présents dans de nombreux produits ultratransformés est associée à une hausse des risques de cancer, de diabète de type 2, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires. C’est ce que montrent trois nouvelles études de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), relayées par l’ONG Foodwatch.

Les substances incriminées appartiennent aux catégories des colorants (codes E100 à E199) et des conservateurs et antioxydants (codes E200 à E399), largement utilisés dans l’industrie agroalimentaire. Les travaux, menés à partir des données de la cohorte NutriNet-Santé, ont suivi plus de 100 000 participants entre 2009 et 2023-2024.

Les résultats pointent des risques accrus pour certains additifs en particulier. Le bêta-carotène (additif E160a), utilisé comme colorant, est associé à une augmentation de 16 % du risque de cancer global et de 41 % du risque de cancer du sein. Le caramel ordinaire (E150a) est lié à une hausse de 15 % du risque de cancer global. D’autres colorants et conservateurs, sans être détaillés individuellement, contribuent également à l’élévation des risques cardiovasculaires et métaboliques.

Foodwatch estime que ces nouvelles données scientifiques doivent provoquer « un électrochoc politique ». L’ONG déplore que « les risques liés aux additifs alimentaires et à l’alimentation ultratransformée ne peuvent plus être ignorés » et appelle les pouvoirs publics à agir pour protéger la santé des consommateurs. « Ce qui manque aujourd’hui, c’est le courage politique », ajoute-t-elle dans un communiqué.

Ces résultats s’inscrivent dans un corpus croissant de recherches sur les effets sanitaires de l’alimentation ultratransformée. La cohorte NutriNet-Santé, pilotée par des chercheurs français, permet d’établir des corrélations statistiques solides entre régimes alimentaires et pathologies chroniques. Les auteurs des études insistent sur la nécessité d’une réévaluation réglementaire des additifs autorisés en Europe.