Les marchés monétaires et les prévisionnistes professionnels continuent d'afficher des divergences marquées quant à l'évolution probable des politiques monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque d'Angleterre (BoE), selon les dernières données collectées. Ce décalage, observé tout au long du mois de mai, souligne l'incertitude qui entoure le calendrier et l'ampleur des prochaines baisses de taux.
États-Unis : des paris de marché plus prudents que les économistes
Du côté de la Fed, les contrats à terme sur les fonds fédéraux suggèrent que les investisseurs anticipent une première baisse des taux directeurs seulement en décembre. En revanche, une majorité de prévisionnistes professionnels interrogés tablent sur une première réduction dès le mois de septembre. Ce désaccord reflète des lectures différentes des dernières données d'inflation et du marché du travail américain. Alors que les marchés semblent craindre une persistance de l'inflation, les analystes estiment que le ralentissement économique justifiera un assouplissement plus précoce.
Royaume-Uni : prévisions de baisse de taux en août, mais les marchés doutent
La situation est comparable pour la Banque d'Angleterre. Les prévisionnistes professionnels anticipent en majorité une première baisse du taux directeur en août prochain. Pourtant, les marchés monétaires voient cette échéance comme moins certaine et estiment qu'une telle décision n'interviendrait probablement qu'en novembre, après l'été. Ce décalage de trois mois illustre la prudence des investisseurs face à la vigueur persistante de l'inflation dans les services et à la croissance des salaires au Royaume-Uni, qui pourraient freiner la BoE.
Un fossé qui perdure malgré les signaux
Ce désaccord n'est pas nouveau. En avril déjà, un écart similaire était constaté. Les prévisionnistes professionnels, dont les opinions se basent sur des modèles macroéconomiques détaillés, semblent accorder plus de poids à la tendance désinflationniste sous-jacente. De leur côté, les marchés, influencés par les déclarations des banquiers centraux et les publications de données à court terme, intègrent une prime de risque plus élevée.
Implications pour les investisseurs
Cette divergence a des conséquences directes sur les stratégies d'investissement. Si les prévisionnistes ont raison, les détenteurs d'obligations pourraient bénéficier d'une baisse des rendements plus rapide que prévu. À l'inverse, si les marchés se révèlent plus justes, les coûts d'emprunt resteraient élevés plus longtemps, ce qui pénaliserait les actifs risqués. Le dénouement de ce fossé dépendra des prochaines publications d'inflation et des décisions des banques centrales lors de leurs réunions de juin (pour la Fed) et de juin et août (pour la BoE).