Las Vegas, Nevada – La première édition des Enhanced Games, surnommée « les Jeux olympiques du dopage », s’est tenue ce week-end dans une salle spécialement construite pour 50 millions de dollars à Las Vegas. L’événement, qui autorise les athlètes à prendre n’importe quelle substance approuvée par la FDA, a attiré l’attention par son concept controversé, mais les résultats sportifs ont été mitigés.
Des athlètes transformés
Les participants, décrits comme ayant l’apparence de « figurines d’action » ou d’images « photoshopées », semblaient avoir été agrandis de 25 % par rapport aux humains ordinaires. Ils concouraient dans trois disciplines : course à pied, haltérophilie et natation. L’événement était dirigé par Enhanced, une entreprise de compléments sportifs qui a levé plus de 300 millions de dollars en capital-risque, notamment auprès de Peter Thiel et du fonds 1789 Capital, dont Donald Trump Jr. est partenaire.
Un protocole médical encadré
Les athlètes se sont dopés sous la supervision d’une équipe médicale, dans le cadre d’un essai clinique mené au printemps 2026 à Abou Dhabi. Chaque athlète suivait une combinaison de 37 substances, dont de l’Adderall, des bêtabloquants, de l’hormone de croissance humaine et cinq formes de testostérone. Le PDG d’Enhanced, Max Martin, a déclaré que l’événement était « conçu pour les réseaux sociaux, pas pour la télévision », chaque compétition durant moins d’une minute, diffusée en direct sur YouTube et Roku.
Des performances contrastées
Malgré des corps visiblement plus massifs, les performances n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes. Le nageur australien James Magnussen, 35 ans, médaillé olympique, a dû réduire ses protocoles de dopage car il avait pris tellement de muscle qu’il coulait dans la piscine et ne trouvait plus de maillot de bain à sa taille. Le nageur grec Kristian Gkolomeev, 32 ans, avait déjà battu le record du monde du 50 m nage libre lors d’une épreuve précédente, remportant le premier chèque d’un million de dollars. Megan Romano, 35 ans, ancienne championne du monde de dos crawlé, est devenue la première femme et la première Américaine à s’inscrire, déclarant vouloir « voir ce qui est humainement possible ». L’haltérophile islandais Hafþór Björnsson, 37 ans, visait le record du monde du soulevé de terre (1 135 livres, soit environ 515 kg). Andrii Govorov, 34 ans, Ukrainien détenteur du record du monde du 50 m papillon (en catégorie « propre »), a expliqué participer pour le salaire, car les entraînements de haut niveau coûtent au moins cinq chiffres par mois et que l’invasion russe l’a privé de stabilité financière.
Un modèle économique controversé
L’événement se voulait une réponse aux difficultés des athlètes professionnels, souvent sous-payés. Les Enhanced Games promettent jusqu’à un million de dollars pour tout record du monde battu. Les athlètes non dopés étaient également les bienvenus, mais devaient concourir dans les mêmes conditions. Plus de 300 millions de dollars ont été levés pour financer le projet, qui suscite de vives critiques dans le monde sportif, en particulier pour son mépris des règles antidopage classiques et des risques sanitaires encourus par les participants.
Des « protocols » secrets
Chaque régime de substances (appelé « protocole ») est resté confidentiel, pour des raisons de sécurité et de protection des secrets commerciaux. Selon les témoignages, les effets rapportés incluent des sautes d’humeur, une augmentation de la puissance, une récupération plus rapide et l’apparition de poils faciaux. L’événement, bien que largement condamné pour ses implications éthiques et médicales, a attiré un public nombreux et un intérêt médiatique mondial.