Les conseillers économiques du chancelier allemand Friedrich Merz ont nettement dégradé leurs perspectives pour l'économie allemande, réduisant de près de moitié leur prévision de croissance pour l'année en cours. Cette révision à la baisse, annoncée ce mercredi, intervient dans un contexte marqué par le conflit au Moyen-Orient et les incertitudes liées à la politique commerciale des États-Unis.

Des prévisions de croissance revues à la baisse

Selon les nouvelles estimations, la croissance du produit intérieur brut (PIB) allemand pour 2026 serait bien inférieure aux projections antérieures. Ce pessimisme accru des conseillers économiques du gouvernement reflète l'impact cumulé de plusieurs chocs externes. La guerre au Moyen-Orient perturbe les chaînes d'approvisionnement et fait grimper les coûts de l'énergie, tandis que la politique commerciale américaine, perçue comme imprévisible, pèse sur les exportations allemandes, moteur traditionnel de l'économie du pays.

Inflation en hausse

Parallèlement à ce ralentissement de l'activité, les conseillers économiques anticipent une accélération de l'inflation. La hausse des prix de l'énergie et des matières premières, combinée aux difficultés d'approvisionnement, devrait maintenir une pression à la hausse sur les prix à la consommation. Cette perspective d'une inflation plus rapide complique la tâche de la Banque centrale européenne et réduit la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement allemand.

Contexte économique fragile

L'économie allemande, déjà confrontée à des défis structurels (transition énergétique, numérisation, pénurie de main-d'œuvre qualifiée), se trouve donc fragilisée par des facteurs géopolitiques et commerciaux. La révision à la baisse des prévisions par les conseillers de Merz, qui sont considérés comme des voix autorisées en matière de politique économique, envoie un signal fort aux marchés et aux partenaires européens. Elle pourrait également influencer les futures décisions budgétaires du gouvernement, alors que des appels à un soutien accru à l'économie se font entendre.

Des décisions politiques attendues

Le gouvernement Merz, en poste depuis plusieurs mois, est sous pression pour trouver des réponses à cette détérioration de la conjoncture. Les options possibles incluent des mesures de soutien ciblées pour les entreprises et les ménages, des investissements publics accrus, ou des réformes structurelles. Toutefois, les marges de manœuvre budgétaires sont limitées par les règles européennes et par le niveau de la dette publique. La nouvelle prévision, plus sombre, pourrait donc accentuer les débats au sein de la coalition au pouvoir sur la meilleure stratégie à adopter.