Dans un parking du complexe Resorts World Las Vegas, les Enhanced Games ont réuni du 6 mai au 26 mai 2026 une quarantaine d'athlètes pour une compétition hors normes. Organisé en à peine 35 jours, l'événement a installé une piste de sprint de 100 mètres à six couloirs, une piscine de 50 mètres à quatre couloirs, une scène d'haltérophilie et une longue plateforme destinée à des milliers de spectateurs. De 18 heures à 1 heure du matin, écrans géants et LED ont animé ce show diffusé en streaming sur une demi-douzaine de plateformes, attirant des centaines de milliers de spectateurs.
Un plateau d'athlètes sous substances Sur les 42 participants, 36 avaient préalablement consommé des stéroïdes anabolisants, des amphétamines, de l'érythropoïétine (EPO) ou des hormones de croissance. La compétition offrait une cagnotte totale de 15 millions de dollars, avec 250 000 dollars pour le vainqueur de chaque épreuve et un million de dollars pour tout record du monde. Seul le nageur grec Kristian Gkolomeev a réussi à empocher ce bonus, en remportant le 50 mètres nage libre masculin en 20,81 secondes, soit sept centièmes de mieux que le record officiel de l'Australien Cameron McEvoy. Gkolomeev, qui a adhéré à la culture du dopage il y a un an et avait déjà battu ce record auparavant, n'a pas utilisé que des substances ; il portait un maillot de bain en polyuréthane, modèle interdit depuis près de vingt ans, qui permet de flotter et de pénétrer l'eau plus facilement.
Un événement entre spectacle et critique Le directeur général des Enhanced Games, Maximilian Martin, s'est agenouillé théâtralement après cette performance, signe de soulagement. La soirée s'est achevée par un concert du groupe The Killers, décrit comme du rock vegan, sans qu'aucun incident sanitaire grave ne soit signalé : aucun athlète n'a subi de rupture vasculaire ou musculaire sous l'effet des substances. L'événement a été présenté comme une plateforme publicitaire délirante, en dehors des règles du sport, de la compétition et de la santé. Les organisateurs ont mis en avant l'absence de contrôles antidopage, revendiquant une liberté totale pour les athlètes, mais les critiques dénoncent une banalisation des risques pour la santé et un détournement des valeurs sportives.
Réactions et implications Si les défenseurs des Enhanced Games y voient une avancée vers un sport sans hypocrisie, les autorités sanitaires et sportives mondiales ont condamné l'initiative. L'Agence mondiale antidopage (AMA) a rappelé que ces pratiques mettent en danger les athlètes et violent les principes éthiques. Aucune fédération internationale n'a reconnu les résultats obtenus. Le record de Gkolomeev, bien qu'officiellement battu lors de la compétition, n'a pas été homologué par la Fédération internationale de natation (FINA). L'événement, qui se veut une alternative aux Jeux olympiques, soulève des questions profondes sur l'avenir du sport de haut niveau, entre spectacle, argent et santé publique.