L'emblématique librairie lilloise Furet du Nord, avec l'enseigne Decitre, a officiellement sollicité son placement en redressement judiciaire. La direction du groupe a annoncé que la procédure débutera le 1ᵉʳ juin 2026, une décision décrite comme un « crève-cœur » par des responsables.
Des difficultés structurelles aggravées Le groupe explique cette situation par une baisse continue de ses ventes, qui ont chuté de 15 % entre 2021 et aujourd'hui. Cette érosion est attribuée à la concurrence accrue des géants du commerce en ligne, qui captent une part croissante du marché du livre. Le Furet du Nord et Decitre, deux acteurs historiques de la librairie française, subissent de plein fouet cette mutation du secteur.
Une procédure qui inquiète Le redressement judiciaire ouvre une période d'observation durant laquelle un plan de continuation ou de cession pourra être élaboré. En l'absence de repreneur ou de plan viable, la liquidation judiciaire reste une issue possible. Le groupe emploie environ 600 salariés, dont la majorité travaille dans les enseignes Furet du Nord, principalement dans les Hauts-de-France. L'avenir de ces postes est désormais suspendu aux discussions avec les tribunaux de commerce et les repreneurs potentiels.
Un symbole régional en péril Furet du Nord, fondé en 1936 à Lille, est un pilier culturel de la région. Son vaste magasin de la rue de Béthune attire depuis des décennies les amateurs de livres. La demande de redressement intervient dans un contexte où de nombreuses librairies indépendantes peinent à résister face aux plateformes et à la multiplication des points de vente de livres en grandes surfaces.
Des réactions partagées Du côté des syndicats, l'annonce a provoqué une vive émotion. Certains représentants du personnel ont exprimé leur inquiétude quant à l'avenir des emplois et la défense du réseau de librairies de proximité. La direction assure, de son côté, rechercher des solutions pour préserver un maximum de postes et pérenniser l'activité dans un marché en pleine transformation.
Prochaines étapes La procédure de redressement judiciaire va désormais s'ouvrir avec une période d'observation de plusieurs mois. Les créanciers seront invités à se déclarer, et un administrateur judiciaire sera désigné pour superviser la situation financière du groupe. Les salariés, eux, attendent des annonces concrètes sur les mesures de soutien et les perspectives de reprise.