Le département d'État américain a annoncé une exemption de l'obligation de caution de visa pour les détenteurs de billets de la Coupe du monde de la FIFA 2026 dont les équipes nationales se sont qualifiées pour le tournoi. Cette mesure concerne cinq nations africaines soumises jusqu'alors à un système de caution mis en place par l'administration Trump.
En 2025, l'administration du président Donald Trump avait instauré une exigence de caution allant de 5 000 à 15 000 dollars pour les visiteurs de certains pays souhaitant obtenir un visa touristique. Ce dispositif avait été étendu en 2026 à une cinquantaine de pays. Parmi eux, cinq ont vu leur équipe de football se qualifier pour la Coupe du monde : l'Algérie, le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire, le Sénégal et la Tunisie.
Exemption sous conditions
Mercredi, le département d'État a précisé que la caution serait levée pour les supporters de ces pays, à condition qu'ils soient en possession d'un billet valide et qu'ils se soient enregistrés via le système spécial appelé FIFA PASS, destiné à accélérer le traitement des visas. L'assistant secrétaire d'État pour les affaires consulaires, Mora Namdar, a déclaré que l'administration « renonce aux cautions de visa pour les supporters qualifiés qui ont acheté des billets pour la Coupe du monde et qui ont opté pour FIFA PASS avant le 15 avril 2026 ».
Restrictions persistantes pour d'autres nations
Cette exemption ne change toutefois pas la situation des supporters sénégalais et ivoiriens. Ces deux pays figurent depuis décembre 2025 sur une liste de pays soumis à des restrictions partielles d'entrée aux États-Unis. En conséquence, les fans qui ne disposaient pas d'un visa avant cette date ne peuvent pas obtenir de visa de visiteur pour assister aux matchs de leur équipe.
Par ailleurs, les supporters des équipes qualifiées d'Haïti et d'Iran restent frappés par une interdiction totale d'entrée sur le territoire américain, dans le cadre d'une suspension complète des visas pour ces deux pays. Les interdictions de voyage et les exigences de caution ne s'appliquent pas aux joueurs, aux entraîneurs et à certains membres du personnel participant à la compétition.
Craintes liées à la politique migratoire
La levée de la caution constitue un assouplissement temporaire rare des conditions d'immigration sous l'administration Trump. Elle allège partiellement les formalités pour certains visiteurs se rendant aux États-Unis pour la Coupe du monde, qui débutera le 11 juin et est co-organisée par le Canada, le Mexique et les États-Unis. Ces derniers accueilleront 78 des 104 matchs du tournoi.
La politique migratoire stricte de l'administration Trump jette une ombre sur l'événement. Fin avril, l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a appelé la FIFA à demander à l'administration américaine la mise en place d'une « trêve de l'ICE » (Immigration and Customs Enforcement) pour la durée du Mondial, incluant une garantie publique de ne pas mener d'opérations de contrôle migratoire dans les stades et lieux de rassemblement. Le département de la Sécurité intérieure (DHS) avait alors déclaré que les visiteurs internationaux voyageant pour les matchs « n'ont rien à craindre » s'ils sont en situation régulière. Cette déclaration intervient alors que des personnes en situation légale, ainsi que des citoyens américains, ont été arrêtées lors de raids de l'ICE.
Un dispositif limité
En pratique, la dérogation ne concerne qu'une fraction des supporters étrangers. Les fans des équipes africaines exemptés de caution sont les principaux bénéficiaires, mais les obstacles demeurent pour d'autres pays soumis aux restrictions migratoires ou aux interdictions totales. Le système FIFA PASS, lancé pour faciliter les démarches des détenteurs de billets, a été clôturé le 15 avril 2026, ce qui signifie que les supporters qui ne se sont pas inscrits à temps ne peuvent pas bénéficier de l'exemption.
La Coupe du monde 2026 se déroule dans un contexte de tensions autour de la politique d'immigration américaine, et les mesures annoncées par le département d'État ne dissipent pas entièrement les inquiétudes des supporters internationaux.