Une condamnation pour harcèlement en ligne
Les vidéastes d’extrême droite Papacito et Georges Matharan ont été condamnés par la justice pour avoir pris pour cible la journaliste Lucie Delaporte, qui travaille pour le site d’information Mediapart. Dans une vidéo diffusée sur leurs chaînes, ils avaient, avec d’autres influenceurs de la mouvance identitaire, multiplié les attaques violentes à son encontre.
Des propos d’une violence inouïe
La vidéo, réalisée en 2023, visait directement Lucie Delaporte après la publication d’une enquête de Mediapart sur les réseaux d’extrême droite. Les youtubeurs l’avaient accusée de partialité et l’avaient insultée, l’exposant à un risque de harcèlement massif de la part de leur communauté. Les propos tenus dépassaient largement le cadre de la critique journalistique, justifiant selon les juges une intervention pénale.
La réaction des condamnés
À l’annonce du verdict, l’un des deux vidéastes a déclaré : « J’ai l’impression que la justice a voulu marquer le coup », suggérant que la sanction visait davantage à dissuader qu’à punir des faits précis. Cette phrase, prononcée devant les caméras, reflète l’incompréhension des intéressés face à une condamnation qu’ils jugent disproportionnée.
Un signal contre les violences numériques
Pour les défenseurs de la liberté de la presse, cette décision judiciaire constitue un avertissement clair à l’attention de ceux qui utilisent leur influence pour menacer des journalistes. Les associations de protection des droits des reporters ont salué un verdict qui met en lumière les dangers croissants du cyberharcèlement ciblé contre des professionnels de l’information.
Des antécédents dans la sphère complotiste
Papacito et Georges Matharan ne sont pas des inconnus dans l’écosystème numérique d’extrême droite. Le premier, de son vrai nom Ugo B., est un ancien militaire connu pour ses vidéos virulentes contre l’immigration et les institutions. Le second est un polémiste régulièrement invité sur des plateformes complotistes. Leur condamnation commune pourrait faire jurisprudence dans le traitement judiciaire des abus en ligne commis par des influenceurs.