Le député Thomas Bonnet a exprimé son indignation face à l'absence de toute mise en examen dans l'affaire des assistants parlementaires de La France insoumise (LFI), alors que le préjudice pour l'argent public est estimé à plus de 500 000 euros. « Il y a eu aucune mise en examen dans l’affaire des assistants parlementaires de LFI, pourtant le préjudice est estimé à plus de 500.000 euros d'argent public », a-t-il déclaré, dans des propos relayés ce 27 mai 2026.

Des investigations en cours

L'affaire porte sur l'emploi présumé frauduleux d'assistants parlementaires au sein du parti de Jean-Luc Mélenchon. Les enquêteurs soupçonnent que des personnes rémunérées comme assistants d'eurodéputés de LFI auraient en réalité travaillé pour le parti lui-même, détournant ainsi des fonds publics alloués au Parlement européen. Le préjudice financier avoisinerait les 500 000 euros, selon les premières estimations communiquées par les autorités judiciaires.

Thomas Bonnet s'interroge sur le traitement judiciaire réservé à cette affaire, comparé aux poursuites engagées contre d'autres formations politiques dans des dossiers similaires. « Comment expliquer qu'aucune mise en examen n'ait été prononcée, malgré un préjudice aussi important ? », a-t-il demandé.

Un contexte politique tendu

Cette prise de position intervient dans un climat politique déjà marqué par des tensions autour de LFI. Récemment, le parti a été critiqué pour avoir fait adopter, avec le Rassemblement national et les écologistes, une loi interdisant les importations de produits agricoles traités avec des pesticides prohibés en France. Par ailleurs, la proposition de LFI de nationaliser TotalEnergies a été qualifiée de « folie » par le maire de Béziers, Robert Ménard.

Le parti est également empêtré dans des querelles internes, notamment avec le Parti communiste. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a accusé LFI de vouloir « faire éclater » son parti au profit de Jean-Luc Mélenchon dans la perspective de la présidentielle de 2027.

Des précédents judiciaires

L'affaire des assistants parlementaires de LFI s'inscrit dans une série de scandales similaires impliquant d'autres partis. Le Front national (devenu Rassemblement national) a été condamné pour le même type de détournement, avec une peine de plusieurs millions d'euros. Le préjudice dans cette affaire avait été estimé à plusieurs millions d'euros, et plusieurs cadres du parti avaient été mis en examen.

L'absence de poursuites dans le cas de LFI suscite donc des interrogations. Les juges d'instruction en charge du dossier n'ont pas encore communiqué officiellement sur l'état d'avancement de l'enquête. Il n'est pas exclu que des mises en examen puissent intervenir ultérieurement, à mesure que les investigations progressent.

Les réactions politiques

La déclaration de Thomas Bonnet a provoqué des réactions contrastées. Les soutiens de LFI dénoncent une instrumentalisation politique de la justice. « C'est une tentative de salir notre parti à quelques mois de l'élection présidentielle », a réagi un porte-parole du parti, qui n'a pas souhaité être nommé.

À l'inverse, des élus d'autres formations réclament plus de transparence. « Il est inadmissible que des fonds publics soient détournés sans que personne ne soit inquiété », a affirmé un député de la majorité présidentielle.

Les enjeux pour LFI

Cette affaire intervient à un moment crucial pour LFI, qui tente de se positionner comme la principale force d'opposition de gauche. Le parti est engagé dans une primaire unitaire pour désigner un candidat commun à la présidentielle, dans laquelle Fabien Roussel a refusé de participer, accusant LFI de vouloir absorber les autres formations.

L'absence de mise en examen pourrait être interprétée comme un signe de faiblesse de la part des enquêteurs, ou au contraire comme une preuve que les accusations ne sont pas fondées. Quoi qu'il en soit, le débat sur l'usage des fonds publics par les partis politiques est relancé.