Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à l’élection présidentielle, a présenté jeudi 28 mai sa vision pour la politique du logement lors d’un déplacement à Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne. L’ancien ministre de l’Intérieur entend rompre avec « l’échec des années Macron et Hollande », selon ses termes, et propose un ensemble de mesures destinées à provoquer un « choc d’offre » sur le marché immobilier.
« Tolérance zéro » contre le squat et priorité aux actifs pour les HLM
Parmi les annonces les plus marquantes, le candidat promet une « tolérance zéro » contre les squatteurs, sans autre précision sur les modalités exactes d’application. Il souhaite également réserver l’accès aux logements sociaux (HLM) aux personnes exerçant une activité professionnelle, une mesure qui marquerait un changement profond par rapport au système actuel d’attribution fondé sur les seuls critères de ressources et de vulnérabilité.
Suppression de l’encadrement des loyers et des quotas de logements sociaux
Bruno Retailleau propose de supprimer l’encadrement des loyers, dispositif en vigueur dans plusieurs grandes agglomérations, qu’il juge contre-productif. Il entend également abolir l’interdiction de louer les logements classés G, F et E (les passoires thermiques) ainsi que les quotas de logements sociaux imposés aux communes par la loi SRU. Ces mesures, estime-t-il, doivent permettre de relancer la construction et libérer l’offre locative.
Un « choc d’offre » pour enrayer la baisse des constructions
Le candidat déplore une chute des mises en chantier, passées de 420 000 en 2017 à 270 000 en 2024, et juge la situation intenable. « Le logement figure désormais parmi les premières préoccupations des Français, a-t-il déclaré. Il pèse sur le pouvoir d’achat, fragmente les familles, freine les carrières et bloque l’ascension sociale. » Pour inverser la tendance, il reprend à son compte le thème d’un « choc d’offre » déjà évoqué par le chef de l’État Emmanuel Macron, mais en critique la mise en œuvre jugée inefficace.
Un programme préparé avec l’ancien ministre Marc-Philippe Daubresse
Le sénateur Marc-Philippe Daubresse, ancien ministre du Logement, a participé à l’élaboration de ce volet du programme présidentiel de Bruno Retailleau. Selon lui, le bilan de l’actuelle majorité est en trompe-l’œil : « Emmanuel Macron a dit vouloir faire un choc d’offre, il a fait un choc sur l’offre ! », a-t-il ironisé, soulignant l’effondrement de la production de logements neufs.
Relance de l’accès à la propriété
Le candidat entend également faciliter l’accession à la propriété, sans que les sources ne détaillent les instruments précis prévus à cet effet. L’objectif global est de mettre fin à la pénurie de logements que connaît le pays, un thème qui s’impose comme l’un des enjeux centraux de la campagne présidentielle.