Le Parti travailliste maltais s'est assuré un quatrième mandat consécutif à l'issue des élections législatives anticipées, un exploit sans précédent dans l'histoire politique de l'archipel. Les résultats préliminaires, publiés dans la foulée du scrutin, confirment la large avance du parti au pouvoir, qui dirige le pays depuis 2013.

Le chef du gouvernement, Robert Abela, âgé de 48 ans, s'est félicité de ce résultat, le qualifiant de « victoire de tout le peuple » et soulignant que sa formation avait obtenu « un mandat fort ». Il a appelé au maintien de l'unité nationale et à la poursuite du travail collectif pour faire progresser le pays. Les partisans du Parti travailliste ont célébré la nouvelle dans le centre de dépouillement de Naxxar, où des scènes de liesse ont eu lieu.

La participation s'est élevée à 87 % des plus de 340 000 électeurs inscrits. Le scrutin avait été convoqué un an avant le terme normal de la législature. Robert Abela avait justifié cette décision par la nécessité d'obtenir un nouveau mandat pour faire face aux incertitudes géopolitiques, notamment la crise au Moyen-Orient et ses répercussions sur l'approvisionnement énergétique de l'île, fortement dépendante des importations.

Une campagne centrée sur l'économie

Le Premier ministre a axé sa campagne sur les performances économiques enregistrées depuis l'arrivée au pouvoir des travaillistes. Avec une croissance de 4 % l'année précédente et l'un des taux de chômage les plus bas de l'Union européenne, l'économie maltaise a constitué le principal argument du parti sortant. Robert Abela a promis la stabilité dans une période marquée par des tensions internationales.

Face à lui, le candidat du Parti nationaliste (conservateur), Alex Borg, avocat de 30 ans et ancien lauréat du concours de beauté « Mr World Malta », a tenté d'incarner le renouveau. Il a dénoncé un pays « en chaos », pointant les difficultés du système de santé et les coupures d'électricité. Mais le discours du changement n'a pas suffi à inverser la tendance. Alex Borg a reconnu sa défaite et indiqué avoir appelé Robert Abela pour le féliciter. Il a également déclaré que son parti continuerait à travailler pour constituer « une alternative forte ».

Une croissance démographique contestée

Malte, plus petit État membre de l'Union européenne avec environ 550 000 habitants sur 316 km², connaît une explosion démographique. La population a augmenté de près de 30 % en une décennie, principalement sous l'effet de l'immigration. Ce phénomène alimente un boom de la construction, visible à travers la multiplication des grues dans le paysage, des embouteillages accrus et des pressions sur les services publics. Les associations de défense du patrimoine dénoncent régulièrement la dégradation de l'environnement et les risques encourus par les sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco.

La question de la corruption en arrière-plan

Robert Abela dirige l'exécutif depuis 2020, après la démission de son prédécesseur dans le cadre de la crise politique liée à l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia en 2017. Celle-ci avait mis au jour des affaires de corruption au plus haut niveau de l'État. Un rapport du Conseil de l'Europe datant de 2025 souligne que Malte reste très en retard dans la lutte contre la corruption. Ce thème n'a toutefois pas dominé la campagne électorale, les questions économiques ayant occupé le premier plan.

Les résultats officiels définitifs devaient être annoncés dans la journée suivant le scrutin.