Mercredi 27 mai 2025, l’autoroute AP-7/E-15 reliant la France à l’Espagne a été le théâtre d’une journée noire. Une manifestation de chauffeurs de poids lourds, conjuguée à une chaleur étouffante, a entraîné la coupure de la circulation dans les deux sens, provoquant d’immenses embouteillages et des conditions éprouvantes pour les automobilistes.
Un mouvement social des transporteurs
À l’origine de ce chaos, un rassemblement de conducteurs de camions espagnols mécontents des conditions de travail et des prix du carburant. Les manifestants ont bloqué l’axe autoroutier au niveau de la Jonquera, le principal poste-frontière entre les deux pays. Selon les autorités locales, la protestation a débuté en début de matinée et s’est rapidement étendue, forçant la fermeture totale de l’AP-7/E-15 dans les deux sens de circulation. Les forces de l’ordre espagnoles ont été déployées pour tenter de canaliser le mouvement et sécuriser les abords.
Une chaleur accablante
La situation a été aggravée par une vague de chaleur exceptionnelle. Les températures ont atteint des niveaux caniculaires sur la côte méditerranéenne, dépassant les 38 °C dans la région de Gérone et du Perthus. Pour les milliers d’automobilistes et de routiers coincés dans leurs véhicules, l’attente s’est transformée en calvaire. Les services d’urgence locaux ont indiqué avoir distribué des bouteilles d’eau pour prévenir les malaises. Plusieurs personnes ont été prises en charge pour des coups de chaleur légers, mais aucun bilan grave n’a été communiqué. Les autorités météorologiques avaient émis une alerte orange pour la région, recommandant d’éviter tout déplacement non indispensable.
Des conséquences économiques immédiates
L’arrêt total du trafic sur cet axe stratégique a rapidement eu des répercussions économiques. Les transporteurs français et espagnols, déjà confrontés à des délais de livraison allongés, ont subi des pertes financières importantes. Du côté français, la préfecture des Pyrénées-Orientales a mis en place un plan de régulation pour dévier une partie du trafic sur les routes départementales, mais celles-ci ont vite été saturées. En Espagne, les autorités ont recommandé aux conducteurs de passer par les postes-frontières de Puigcerdà ou d’Urdax pour rejoindre la France, allongeant considérablement le parcours. Les syndicats de transporteurs espagnols ont annoncé qu’ils maintiennent la pression pour obtenir des négociations avec le gouvernement.
Une situation confuse en fin de journée
En fin d’après-midi, les autorités espagnoles ont signalé que certains manifestants commençaient à lever le barrage, mais la circulation n’a été rétablie que très progressivement. Les bouchons s’étendaient encore sur plusieurs dizaines de kilomètres côté français, jusqu’à Perpignan, et côté espagnol, jusqu’à Barcelone. Les services de gestion du trafic prévoyaient une nuit difficile pour les poids lourds bloqués, avec des aires de repos saturées. Aucune déclaration officielle commune franco-espagnole n’avait encore été publiée en fin de journée, mais les consultations entre les deux gouvernements étaient en cours pour éviter que la situation ne se reproduise dans les prochains jours.