À moins d'un an du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026, la première édition à 48 équipes organisée conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada, l'administration Trump durcit le ton. Dans une déclaration qui résume sa philosophie, le président américain a affirmé que « c'est au monde de s'adapter aux États-Unis et pas l'inverse », une position qui suscite des interrogations tant sur le plan logistique que diplomatique.
Une organisation sous haute tension
La compétition, qui doit se dérouler dans onze villes américaines, trois métropoles mexicaines et deux canadiennes, devait incarner un modèle de coopération nord-américaine. Mais depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les signaux unilatéraux. L'expert en géopolitique du sport Kévin Veyssière, cité par plusieurs médias, analyse cette stratégie comme une volonté de faire de l'événement « une scène à son image ». Selon lui, le président américain perçoit le Mondial comme une vitrine de la puissance américaine, et non comme une occasion de compromis.
Sécurité et visas au cœur des tensions
Plusieurs sources évoquent des différends concrets. Les autorités américaines auraient imposé des règles de sécurité unilatérales pour les stades et les zones autour des enceintes, sans consulter leurs partenaires mexicains et canadiens. Par ailleurs, la politique migratoire de l'administration Trump, qui a restreint l'octroi de visas pour plusieurs nationalités, pourrait compliquer l'accès des supporters étrangers. Les fédérations de football de plusieurs pays se seraient inquiétées de ces restrictions auprès de la FIFA, sans obtenir pour l'instant de garanties.
Le Canada et le Mexique, pourtant membres de l'organisation conjointe, auraient exprimé leur mécontentement face à ce qu'ils perçoivent comme une mise à l'écart. Le gouvernement mexicain craint notamment que les contrôles renforcés à la frontière sud des États-Unis n'affectent les déplacements des équipes et des supporters entre les deux pays. De son côté, Ottawa s'inquiète des possibles tensions diplomatiques liées aux déclarations répétées de Donald Trump sur la souveraineté canadienne.
Un précédent olympique
La posture de Washington rappelle celle adoptée lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, où les États-Unis avaient déjà imposé leurs conditions sécuritaires. Mais l'échelle du Mondial 2026, avec 48 équipes et des milliers de visiteurs attendus, rend la donne inédite. Selon des analystes, la FIFA, qui tente de préserver l'image apolitique de l'événement, se retrouve prise en étau entre les exigences américaines et les protestations des autres nations participantes.
Vers un conflit ouvert ?
Pour l'instant, aucun compromis public n'a été annoncé. La fédération internationale de football (FIFA) a multiplié les appels au dialogue, mais Donald Trump semble peu enclin à céder. « Il considère que l'organisation d'un événement mondial est une preuve de supériorité, et non un exercice de diplomatie », résume Kévin Veyssière. Les prochains mois seront décisifs : si les tensions persistent, certains pays pourraient envisager de réduire leur délégation ou de boycotter certaines rencontres organisées sur le sol américain.
Le Mondial 2026, qui devait être une fête du sport et de la coopération interaméricaine, est déjà marqué par le sceau de la discorde. Reste à savoir si la diplomatie sportive parviendra à adoucir les positions, ou si l'édition 2026 restera comme celle où le football s'est heurté à la realpolitik.