La situation au Moyen-Orient reste marquée par une double dynamique : des efforts diplomatiques américano-iraniens, entachés par des accusations mutuelles, et une intensification des opérations militaires israéliennes au Liban.

Israël poursuit et accentue ses frappes au Liban

L’armée israélienne a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban tard dans la soirée de mardi, faisant 31 morts selon le ministère libanais de la Santé. Parmi les victimes figurent au moins quatre enfants et trois femmes, tandis que 40 personnes ont été blessées. La localité de Burj al-Shamali, près de Tyr, a été particulièrement touchée avec quatorze morts. Plusieurs villages ont également été visés par l’artillerie et l’aviation israéliennes, notamment Chakra, Wadi Hojeir, Majdel Selm, Froun, Ghandouriyé et Bourj Qalaouiyé.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a indiqué lundi que son pays allait accélérer l’offensive contre le Hezbollah. « Nous ne freinons pas, au contraire, j’ai demandé à accélérer », a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur sa chaîne Telegram. Ces frappes surviennent alors qu’un cessez-le-feu théorique est en place, mais celui-ci est régulièrement violé par les deux camps.

Tensions diplomatiques entre Washington et Téhéran

Sur le plan diplomatique, l’Iran a accusé mardi les États-Unis d’avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays. Malgré cette accusation, les discussions se poursuivent. Le président américain, Donald Trump, doit réunir son gouvernement ce mercredi pour faire le point sur la situation. Initialement prévue à Camp David, la réunion a été déplacée à la Maison-Blanche en raison de possibles mauvaises conditions météorologiques.

En parallèle, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qui n’est pas apparu en public depuis sa prise de fonction début mars, a prononcé un discours à l’occasion du hajj. Il a appelé « les pays islamiques à renforcer leur amitié et leur coopération », affirmant que « les États-Unis ne trouveront aucun refuge sûr dans la région pour y répandre le mal ou y établir des bases militaires ».

Réactions des marchés et de la Chine

Les marchés pétroliers ont ouvert en baisse mercredi. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) perdait 1,73 % à 92,27 dollars, et le baril de Brent, référence internationale, reculait de 1,35 % à 98,24 dollars. Un analyste de Pepperstone a noté un « optimisme prudent » sur les marchés malgré les récentes frappes américaines et les accusations iraniennes.

Les Bourses asiatiques ont clôturé en ordre dispersé. À Tokyo, le Nikkei a gagné 1,26 %, tandis que le Kospi de Séoul a bondi de 4,91 %, porté par les valeurs des semi-conducteurs. En revanche, les places de Hong Kong et Shanghai ont reculé respectivement de 0,66 % et 0,48 %.

Pékin a exprimé l’espoir que les parties américaine et iranienne recherchent un compromis. La Chine suit de près l’évolution des négociations.

L’Iran rétablit partiellement l’accès à Internet

Dans un geste d’apaisement intérieur, l’Iran a annoncé les premières mesures pour rétablir l’accès à Internet, coupé quasi-totalement depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël le 28 février. Le vice-président Mohammad Reza Aref a déclaré sur X que « la première étape vers un accès libre et régulé au cyberespace a été franchie », indiquant que les demandes des Iraniens « seront satisfaites ».

Un contexte toujours incertain

Les prochains jours pourraient être décisifs. La réunion du gouvernement américain et la poursuite des contacts discrets entre Washington et Téhéran laissent entrevoir une possible avancée. Toutefois, l’escalade israélienne au Liban et les menaces rhétoriques de l’Iran maintiennent une pression constante sur la région et sur les marchés internationaux.