L'Inde durcit sa posture sécuritaire le long de sa frontière avec le Pakistan. Le ministre de l'Intérieur, Amit Shah, a ordonné mercredi la démolition de toutes les constructions jugées « illégales » dans une bande de 15 kilomètres (environ neuf miles) à partir de la ligne de démarcation internationale, a indiqué un communiqué du ministère de l'Intérieur.
Cette mesure a été annoncée depuis l'État occidental du Rajasthan, frontalier du Pakistan. Elle s'inscrit dans une politique de « tolérance zéro » vis-à-vis des constructions non autorisées, selon les termes de la déclaration officielle. Shah a également insisté sur la nécessité de renforcer la lutte contre « l'infiltration, le trafic de stupéfiants, l'empiètement, le financement du terrorisme et autres crimes transfrontaliers ».
Des tensions toujours vives
Cette décision intervient dans un climat de défiance toujours marqué entre les deux puissances nucléaires d'Asie du Sud. Les relations ont atteint un point bas l'année dernière, après qu'une attaque meurtrière au Cachemire a déclenché une guerre de quatre jours, la plus grave entre les deux pays depuis plusieurs décennies. New Delhi avait imputé cette attaque – qui avait fait 26 morts, pour la plupart des touristes hindous – au Pakistan, une accusation qu'Islamabad a fermement rejetée. Le conflit, marqué par des frappes aériennes, des essaims de drones et des tirs d'artillerie lourde, a fait plus de 70 morts.
Une frontière longue et disputée
La frontière entre l'Inde et le Pakistan s'étend sur environ 3 300 kilomètres (2 050 miles), incluant la ligne de cessez-le-feu qui traverse le territoire himalayen contesté du Cachemire. New Delhi accuse régulièrement Islamabad de soutenir des groupes armés et de favoriser la contrebande d'armes et de stupéfiants sur son territoire, des allégations que le Pakistan rejette avec la même vigueur.
La politique de démolition, menée par un ministre connu pour sa ligne dure en matière de sécurité nationale et de lutte contre les crimes transnationaux, s'ajoute aux mesures déjà prises par l'Inde pour sécuriser ses frontières, comme le renforcement des patrouilles et l'érection de barrières. Des discussions sur une éventuelle reprise du dialogue diplomatique entre les deux pays avaient récemment été évoquées, mais cette annonce suggère que New Delhi privilégie pour l'instant une approche de fermeté.
Pour l'instant, aucune réaction officielle du Pakistan n'a été rapportée.