Au deuxième jour des réquisitions devant la cour d’appel de Paris, le parquet général a demandé, mercredi 26 mars, de confirmer la lourde peine infligée en première instance à Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’État est poursuivi pour corruption, recel de détournement de fonds publics et financement illégal de campagne électorale dans le dossier dit « des financements libyens ».

Des réquisitions sans concession

Les magistrats du parquet général ont estimé que l’intéressé n’avait manifesté « ni remords, ni repenti » depuis le jugement de 2024. Ils ont requis sept ans d’emprisonnement, dont cinq ans ferme, assortis de 300 000 euros d’amende et d’une peine d’inéligibilité de dix ans. Ces peines sont identiques à celles prononcées en septembre 2024 par le tribunal correctionnel.

Cette position est motivée par la « gravité exceptionnelle » des faits reprochés, qui porteraient atteinte à la probité de la vie publique française. Selon l’accusation, Nicolas Sarkozy aurait conclu un pacte de corruption avec le régime de Mouammar Kadhafi, en vertu duquel la Libye aurait financé sa campagne présidentielle victorieuse de 2007 en échange de avantages diplomatiques et commerciaux ultérieurs.

Le contexte du procès en appel

L’ex-président, âgé de 70 ans, a toujours contesté ces accusations. Il avait été condamné en première instance à cinq ans de prison ferme, une peine qu’il a immédiatement frappée d’appel. Ce nouveau procès, ouvert depuis plusieurs semaines, doit permettre à la cour d’examiner l’ensemble des charges et des éléments de preuve.

Le parquet général a souligné que « les éléments du dossier sont suffisamment solides pour établir la culpabilité » et a rejeté les arguments de la défense, qui dénonce un « dossier vide » reposant sur des témoignages de personnes condamnées pour parjure ou sur des documents dont l’authenticité serait contestable.

Les prochaines étapes

La défense de Nicolas Sarkozy, menée par Mes Jacqueline Laffont et Christophe Ingrain, devrait présenter ses plaidoiries dans les prochains jours. La cour d’appel de Paris mettra ensuite l’affaire en délibéré. Une décision est attendue dans les semaines à venir.

En cas de confirmation de la peine, Nicolas Sarkozy pourrait encore se pourvoir en cassation. Ce recours aurait un effet suspensif, l’empêchant d’être incarcéré tant que la Cour de cassation n’a pas statué.

Implications politiques et judiciaires

Cette affaire, l’une des plus retentissantes impliquant un ancien chef d’État français, continue de peser sur la vie politique nationale. Si la condamnation était définitivement confirmée, Nicolas Sarkozy deviendrait le premier président de la Ve République à être privé de ses droits civiques, ce qui l’empêcherait de se présenter à toute élection future.

Le procès en appel se déroule dans un climat médiatique et judiciaire tendu, alors que d’autres dossiers sensibles impliquant d’anciens responsables politiques sont également examinés par les tribunaux.