Le nouveau congé de naissance, annoncé par Emmanuel Macron en janvier 2024 dans le cadre d'un « réarmement démographique », sera effectif à compter du 1er juillet 2026, après plusieurs reports liés à l'instabilité politique consécutive à la dissolution de l'Assemblée nationale à l'été 2024. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a finalement inscrit le dispositif dans la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, présentée le 14 octobre 2025.

Un droit ouvert dès le 1er janvier 2026, avec un délai supplémentaire

Bien que l'entrée en vigueur soit fixée au 1er juillet 2026, les parents d'enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 31 mai 2026 pourront également en bénéficier. La ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, a précisé le 20 mai que ces parents disposeront « d'un délai supplémentaire exceptionnel » jusqu'en avril 2027 pour prendre leur congé. Elle a ajouté que tous les parents concernés pourront, à partir du 1er juillet 2026, prévenir leur employeur un mois avant pour activer leur droit, tout en relevant que « certains employeurs sont inquiets puisqu'il peut y avoir un effet cumulatif » des naissances survenues depuis janvier.

Deux mois par parent, indemnisation dégressive

Le congé de naissance permet à chaque parent de prendre jusqu'à deux mois supplémentaires, en plus du congé maternité, paternité ou d'adoption existant. L'indemnisation est fixée à 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second. Les parents peuvent fractionner ces deux mois en périodes d'un mois, et les prendre simultanément ou en alternance. Selon les calculs du gouvernement, cette mesure représente « un investissement budgétaire fort, estimé à 300 millions d'euros dès la première année », selon les propos de la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, lors des débats parlementaires. Ce financement est assuré notamment par un « coup de rabot » sur les allocations familiales.

Un long processus parlementaire, un quasi-consensus

La création du congé de naissance a été adoptée à la quasi-unanimité en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Cependant, sa date d'entrée en vigueur a suscité des débats : des députés de La France insoumise, des écologistes, des socialistes ainsi que du Rassemblement national ont proposé de l'avancer au 1er janvier 2026, malgré les alertes sur l'ampleur du chantier technique pour l'Assurance Maladie. Le gouvernement a finalement opté pour le 1er juillet 2026 afin de laisser le temps nécessaire aux développements informatiques.

Un dispositif distinct du congé parental, dont la réforme est à l'étude

Le nouveau congé de naissance ne remplace pas le congé parental existant, qui permet aux parents de s'arrêter jusqu'aux trois ans de l'enfant (à temps plein ou à temps partiel). Le PLFSS 2026 prévoit des travaux pour réformer ce dernier, moins utilisé, mais sa suppression ou sa réduction « difficilement envisageable à court terme » en raison des tensions sur les modes de garde. Bernard Tranchand, président de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), a salué « une véritable avancée, une mesure que nous appelions de nos vœux depuis plus de dix ans », estimant qu'elle répond à un besoin de « bien-être des enfants comme des parents » dans les premiers moments de la vie de l'enfant.

En pratique : qui peut en bénéficier et comment ?

Le droit est ouvert pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026. Les parents doivent prévenir leur employeur au moins un mois avant la date souhaitée de début du congé. Le dispositif peut être cumulé entre les deux parents, permettant théoriquement jusqu'à quatre mois de présence à la maison après une naissance. L'indemnisation est versée par la Sécurité sociale, sur la base du salaire net.

Un impact attendu sur le marché du travail

Le gouvernement anticipe des effets sur l'organisation des entreprises, notamment dans les secteurs où les départs simultanés sont fréquents. La ministre Stéphanie Rist a évoqué des « inquiétudes » exprimées par des employeurs face à un éventail cumulatif. Des craintes de pénurie, par exemple dans l'Éducation nationale pour la rentrée 2026, ont été relayées dans la presse. Le dispositif devrait être évalué après sa première année de fonctionnement.