Un succès commercial inattendu

Produit pour moins d’un million de dollars, le film d’horreur « Obsession » s’impose comme l’une des productions les plus rentables de l’année 2026. Arrivé dans les salles françaises le 13 mai, il a déjà fait sensation outre‑Atlantique où le nombre d’entrées ne cesse de progresser. Selon les données compilées par le site spécialisé Variety, les ventes de places ont augmenté de 30 % depuis le lancement du film – une performance jugée « inédite » par l’analyste Paul Dergarabedian, interrogé par Variety. « Je ne sais pas si j’ai déjà vu un film faire un tel bond d’une semaine à l’autre », confie‑t‑il. « Cela montre que le film est apprécié par les spectateurs. »

En seulement deux semaines d’exploitation, « Obsession » se hisse à la 26e place du classement mondial annuel du box‑office établi par IMDB. De plus en plus de salles de cinéma programment désormais le long métrage, amplifiant encore sa diffusion.

Un phénomène générationnel porté par le bouche‑à‑oreille

Contrairement à la plupart des films d’épouvante qui concentrent l’essentiel de leur audience dès les premiers jours, « Obsession » voit ses entrées croître de manière continue. L’agence PostTrak indique que 75 % des spectateurs appartiennent à la tranche des 18‑25 ans. Les notes très positives recueillies sur des sites de référence comme Rotten Tomatoes, conjuguées au bouche‑à‑oreille entre amateurs du genre, expliquent cette dynamique.

Le réalisateur : une trajectoire venue de YouTube

Curry Baker, 26 ans, a été révélé sur YouTube grâce à ses formats courts horrifiques avant de réaliser son premier long métrage, « Milk & Serial », en 2024. « Obsession » avait été présenté en avant‑première au Festival du film de Toronto en septembre 2025, où il avait déjà suscité l’enthousiasme. Le scénario original et l’inventivité de la mise en scène sont salués par les critiques.

Le film raconte l’histoire d’un jeune homme introverti, amoureux de Nikki, son amie d’enfance. Désespéré à l’idée d’être en couple avec elle, il utilise un mystérieux objet censé exaucer un vœu sans possibilité de l’annuler. Il souhaite alors que Nikki l’aime « plus que n’importe qui au monde », ce qui se retourne rapidement contre lui.

Un nouveau modèle pour l’industrie ?

Curry Baker s’inscrit dans une vague récente de réalisateurs issus des plateformes numériques, à l’image du YouTubeur américain Markiplier, qui a auto‑financé et sorti « Iron Lung » plus tôt dans l’année. Ce dernier a engrangé 50 millions de dollars de recettes pour un budget de 3 millions, grâce au soutien massif de ses fans. Prochainement, Kane Parsons adapte le phénomène Internet « Backrooms » en long métrage, avec des ambitions similaires.

« C’est le scénario idéal pour les salles de cinéma », analyse Paul Dergarabedian. « Au lieu d’être un concurrent, le petit écran peut devenir un atout. Si ces créateurs YouTube parviennent à faire venir leur public au cinéma, c’est un véritable tournant. Tout le monde se demande : comment les salles de cinéma peuvent‑elles fidéliser leur public ? Paradoxalement, la réponse pourrait être le petit écran. »