Un anniversaire sous le signe de la réassurance
Il y a un an, Sanofi cédait le contrôle d'Opella, sa filiale grand public, au fonds d'investissement américain CD&R. L'inquiétude était vive quant au sort du Doliprane, médicament vedette écoulé à près de 400 millions de boîtes par an en France. Aujourd'hui, l'entreprise tente de rassurer sur son ancrage hexagonal. Le mois dernier, à l'occasion du soixantième anniversaire de son site de Compiègne (Oise), Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a adressé un satisfecit à la direction. L'ancien ministre de la Santé a rappelé s'être battu, au moment de la cession, pour que Bpifrance entre au capital d'Opella – une manière de garantir un intérêt public dans la gouvernance.
Investissements pour sécuriser la production
Opella a parallèlement engagé des moyens concrets pour consolider son outil industriel français. Sur le site de Lisieux (Calvados), dédié à la production de Doliprane, 25 millions d'euros ont été investis. L'objectif est d'augmenter la capacité de production de 40 % dès 2026. Ces investissements visent à répondre à la demande tout en renforçant la souveraineté sanitaire française, un enjeu devenu central depuis les pénuries de médicaments observées lors de la pandémie de Covid-19.
Un contexte politique sensible
La cession d'Opella à un fonds étranger avait suscité un débat national sur le contrôle des industries stratégiques. L'entrée de Bpifrance au capital, évoquée par Xavier Bertrand, illustre la volonté de maintenir un pied français dans cette filière. Si le fonds CD&R détient désormais la majorité, la présence d'un actionnaire public permet de suivre de près les décisions industrielles. Opella mise aussi sur la notoriété du Doliprane – fabriqué en France pour le marché français – pour justifier son ancrage. Les investissements à Lisieux et les déclarations politiques locales participent à cette stratégie de réassurance, alors que l'entreprise cherche à conjuguer rentabilité et image de marque patriotique.