À l'approche des élections aux États-Unis et dans plusieurs autres pays, OpenAI déploie un ensemble de mesures inédites pour contrer les risques de désinformation et de cyberattaques liés à l'intelligence artificielle. Ces annonces, faites mercredi, surviennent alors que l'IA s'impose comme un outil incontournable des campagnes électorales et que les électeurs se tournent de plus en plus vers les chatbots pour s'informer.

Des outils de cybersécurité pour les infrastructures électorales

OpenAI propose désormais gratuitement ses produits de cybersécurité – Codex Security et le programme Trusted Access for Cyber – aux fabricants de machines à voter agréés aux États-Unis. L'objectif est de protéger le matériel électoral contre d'éventuelles intrusions informatiques. Par ailleurs, l'entreprise organise des séances d'information à destination de la National Association of Secretaries of State et de la National Association of State Election Directors, afin de les sensibiliser aux dernières capacités cyber.

Partenariats pour des informations fiables

À partir de l'automne, OpenAI fournira les dépouillements en direct de l'agence Associated Press pour les élections aux États-Unis et au Brésil. L'entreprise s'associe également à Democracy Works, une organisation spécialisée, pour afficher des informations vérifiées sur les modalités de vote et d'inscription sur les listes électorales. Ces partenariats visent à réduire la propagation de fausses nouvelles et à offrir aux électeurs des données de référence.

Soutien à la législation contre les deepfakes

OpenAI annonce son soutien à deux propositions de loi américaines : le Protect Elections from Deceptive AI Act (loi pour protéger les élections contre l'IA trompeuse) et le Preparing Election Administrators for AI Act (loi pour préparer les administrateurs électoraux à l'IA). Ces textes visent à lutter contre les contenus générés par intelligence artificielle qui pourraient tromper les électeurs, notamment les deepfakes, et à former les responsables électoraux à ces enjeux.

Le contexte : une technologie en pleine maturation

OpenAI avait déjà déployé des efforts similaires avant les élections de 2024, mais à une époque où les outils d'IA étaient moins sophistiqués. Depuis, la technologie a considérablement progressé, et les experts estiment que les électeurs seront confrontés à un niveau inédit de perturbations générées par l'IA. Les entreprises d'IA commencent à prendre la mesure des responsabilités que les géants des réseaux sociaux affrontent depuis 2016 : leurs outils peuvent influencer le cours des scrutins.

Face à ces défis, OpenAI mise sur une approche combinant protection technique, information de qualité et cadre légal. Ces initiatives illustrent la volonté de l'entreprise d'anticiper les dérives potentielles de l'IA dans le domaine électoral, alors que les candidats – en particulier les républicains – utilisent déjà l'IA pour leurs campagnes.