Le tribunal correctionnel de Paris a ouvert ce mardi le procès d'un animateur du périscolaire poursuivi pour des agressions sexuelles commises à l'école Alphonse-Baudin. Dès les premières heures de l'audience, la mère de l'une des victimes présumées a pris la parole pour témoigner.
Un témoignage sous le choc
À la barre, la mère a décrit les circonstances dans lesquelles elle a découvert les agressions subies par sa fille. Elle a expliqué avoir remarqué un changement de comportement chez l'enfant, qui a fini par révéler les faits après plusieurs semaines de silence. « Elle n'arrivait plus à dormir, elle faisait des cauchemars », a-t-elle confié, la voix tremblante. Le récit de la mère a mis en lumière les difficultés psychologiques persistantes de l'enfant, qui suit aujourd'hui une prise en charge thérapeutique.
La mère a également interrogé la responsabilité de l'encadrement périscolaire. « Comment un animateur a-t-il pu se retrouver seul avec des enfants sans aucune surveillance ? », s'est-elle indignée, déplorant un manque de vigilance de la part de la structure d'accueil. Ce questionnement rejoint les préoccupations soulevées par plusieurs parents d'élèves de l'établissement, qui réclament depuis des mois un renforcement des contrôles sur le personnel encadrant.
Le procès et les charges
L'animateur, âgé d'une trentaine d'années, comparaît libre sous contrôle judiciaire. Il est mis en cause pour des faits d'agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans, commis entre 2022 et 2023 dans les locaux de l'école située dans le 11e arrondissement de Paris. Selon les éléments du dossier, les faits se seraient déroulés pendant les temps d'accueil périscolaire, lorsque l'animateur se trouvait seul avec les enfants.
L'avocat de la défense a plaidé la relaxe, affirmant que son client conteste les accusations et « entend démontrer son innocence ». De son côté, le parquet a requis une peine de cinq ans d'emprisonnement dont deux avec sursis, assortie d'une interdiction définitive d'exercer toute activité en contact avec des mineurs.
Des répercussions au-delà du tribunal
Cette affaire a ravivé le débat sur la sécurité dans les structures périscolaires parisiennes. Plusieurs associations de parents d'élèves ont interpellé la mairie de Paris pour exiger des mesures de prévention plus strictes, notamment l'obligation de formations renforcées et l'interdiction de laisser un animateur seul avec un groupe d'enfants. La mairie a indiqué avoir lancé un audit interne sur les pratiques de recrutement et de surveillance dans les accueils de loisirs.
Le procès doit se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine. La mère a confié à l'issue de son audition espérer « que la justice reconnaisse la souffrance de ma fille et que cela serve à protéger d'autres enfants ».