L'ancien Premier ministre Paul Keating a vivement exhorté le gouvernement travailliste à maintenir son projet de réforme de l'impôt sur les plus-values, mettant en garde contre toute exemption qui risquerait de « distordre » davantage l'économie.

Alors que le gouvernement prépare l'introduction au Parlement de la législation modifiant le régime fiscal des plus-values, les petites entreprises et le secteur des start-ups s'opposent vigoureusement au projet. Ce dernier prévoit de remplacer l'abattement de 50 % actuel par un modèle basé sur l'inflation, mesure annoncée dans le récent budget fédéral.

Un appel à la fermeté

Dans un entretien accordé en exclusivité, Paul Keating, qui fut le 24e Premier ministre d'Australie, a estimé que les ajustements proposés sont « tellement marginaux qu'aucune initiative entrepreneuriale ne risque d'être entravée ». Selon lui, les règles en vigueur depuis 1999 ont gravement nui à l'économie productive, favorisant les activités financières au détriment de l'investissement réel.

« Corriger l'équilibre de la fiscalité entre le capital et le travail devrait être et rester l'objectif primordial de la politique, de la nouvelle politique », a déclaré Keating. Il a prévenu que l'octroi d'exemptions pour les actifs commerciaux affaiblirait la portée de la réforme et enverrait un signal négatif.

Des pressions contradictoires

Le gouvernement travailliste fait face à des pressions croissantes de la part des milieux d'affaires. Les représentants des petites entreprises et des start-ups, notamment des sociétés technologiques comme Canva, plaident pour que la réforme épargne leurs secteurs. Ils craignent que la fin de l'abattement de 50 % ne décourage l'investissement et l'innovation.

Keating a toutefois rejeté ces arguments, jugeant que les start-ups et les petites entreprises ne seraient pas pénalisées de manière significative par le changement. Il a insisté sur la nécessité de ne pas créer de nouvelles niches fiscales qui « distordraient » l'économie.

« La question fondamentale est de savoir si nous voulons une économie qui récompense la prise de risque productif ou une économie qui récompense simplement la détention d'actifs », a-t-il ajouté.

Un débat qui s'annonce houleux

La réforme de l'impôt sur les plus-values est l'une des mesures phares du budget fédéral. Le gouvernement espère qu'elle permettra de rééquilibrer le système fiscal et de dégager des recettes supplémentaires. L'opposition et certains groupes d'intérêt ont annoncé qu'ils combattraient le texte.

Le soutien public de Paul Keating, figure historique du Parti travailliste, constitue un renfort de poids pour le gouvernement. Il intervient à un moment où la contestation s'organise, alors que le débat parlementaire s'annonce vif.